By Flamant Rose
Généralités
Nous voila donc au terme du quinquennat de Nicolas Sarkozy. pour ses opposants, soit il n’a pas de bilan, soit ce bilan est un désastre. On sait que tout ce qui est excessif est insignifiant et que jamais rien n’est tout mauvais ou tout bon. Le tout bon ou le tout mauvais cela concerne les militants selon le camp dans lequel ils se situent, je le sais pour avoir pratiqué durant un temps ce type de discours et ce n’est pas ce que j’ai fait de mieux.
Il y a cinq ans, les Français ont élu Nicolas Sarkozy sur la base d’un programme clair, complet et précis. Pour le chef de l’État, il fallait tout dire aux français avant, pour pouvoir tout faire après. Ce projet de Nicolas Sarkozy s’appuyait sur un diagnostic approfondi des difficultés, des injustices mais aussi des espoirs de la société française. Au terme d’une élection présidentielle marquée par une participation sans équivalent, ce projet a reçu le soutien d’une majorité très nette de nos compatriotes.
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By Flamant Rose
J’avais prévu un tout autre billet. Cet après midi, j’étais à Montpellier et c’est au retour, dans la voiture, que j’ai entendu le compte rendu du meeting de François Hollande. J’ai surtout entendu, et heureusement que je tenais le volant à deux mains, » Mon véritable adversaire c’est le monde de la finance« . Je me suis tourné vers la dame qui était à mes côtés et comme l’inspecteur Colombo je lui ai dit « il faut que j’en parle à ma femme » et comme la personne à mes côtés et elle ne font qu’un, je lui ai raconté une histoire. Cette histoire c’est l’objet de mon billet de ce soir, un billet à chaud. Ce n’est pas dans mes habitudes, mais les circonstances…
Je lui ai raconté l’histoire d’un homme qui comme François Hollande avait toujours déclaré que la finance était le mal absolu et qu’il fallait la combattre . Et puis un jour de 1981, cet homme a été amené à assurer les plus hautes fonctions de l’Etat. Quelques semaines après, à la suite d’élections législatives, c’est une vague rose qui s’abat sur la France. On se souvient alors de la panique qui a envahi la France, les banques, les grandes entreprises, la guerre contre la finance, l’argent roi cloué au pilori, Jack Lang qui nous promettait « le passage de l’ombre à la lumière« , Une partie de la France avait peur comme aurait dit le regretté Roger Gicquel. Une partie seulement.
De fait les premiers mois, puis les deux premières années ont donné raison à ceux qui avaient peur et également raison à ceux qui espéraient. Les banques ont été nationalisées, le SMIC a été revalorisé de 10% en deux ans, les allocations familiales majorées de 25%, les lois Aurous, la retraite à 60 ans, la cinquième semaine de congés payés, les 39 heures sans diminution de salaire, et le symbole des symboles l’impôts sur les grandes fortunes plus connu sous le nom d’ »ISF » bref le « paradis sur terre » pour les uns, « l’enfer » pour les autres. En plus le gouvernement Mauroy pratique une polique de « relance Keynésienne » (non vous ne rêvez pas). Finalement ce paradis se transforme effectivement bien vite en enfer. Je ne reviens pas sur les terribles mesures d’austérité prise en 1983, les plus rudes que la Véme République ait connues. La France n’a pas subi la crise comme aujourd’hui, elle l’a créé de toutes pièces et voulant avoir raison seule contre tous. Cette France était socialiste.
Finalement le tournant de la rigueur de 1983 va avoir des conséquences que le candidat Hollande semble avoir oublié. Ma femme aussi d’ailleurs et tout en conduisant, j’ai dû les lui rappeler. L’homme qui avait déclaré la guerre à la finance, l’homme qui avait comme François Hollande aujourd’hui dit que cette finance était son principal adversaire, et bien cet homme va avoir une conversion subite sans passer par la case « Lourdes« .
Cet ennemi de la finance va prendre la décision d’arrimer le franc au mark dans ce qui s’appelle désormais « un marché unique de capitaux« . La banque de France va mener une politique de taux d’intérêt élevés, trop élevés, pour une raison toute simple : il s’agissait de défendre la parité du franc avec le mark allemand et, comme des poissons sortis de l’eau, les PME vont se trouver asphyxiées. L’homme élu en 1981 avec la promesse que la France n’atteindrait jamais un million de chômeurs va être confronté avec trois millions de chômeurs.
C’est alors que ma femme s’adresse à moi comme avec Columbo car il y a une chose qui lui échappait. Comment un homme qui disait combattre la finance a t-il pu se convertir à ce point sans aller à Lourdes ? Il a fallu que je lui explique en conduisant, pas facile. Je lui ai alors expliqué que pour faire face à l’ouverture du marché des capitaux, il fallait non pas forcément se convertir, mais faire une « révolution financière« . Le pire c’est que c’est un homme du nom de « Pierre Bérégovoy« , l’un des nombreux morts d’une présidence dite »normale« , celui qui quelques semaines auparavant avait prêché pour la « balkanisation » de la France, c’est à dire le repli sur elle même et bien c’est ce même homme qui lui, a fait plus qu’une conversion, il a fait une pirouette. C’est en effet lui, un socialiste, un pur, un de la première heure, un croyant et pratiquant du socialisme, c’est lui qui va créer le « Matif » c’est à dire le marché à terme des instruments financiers. Le Matif permet aux investisseurs de se couvrir sur le risque de taux du « Monep » ( marché des options sur actions et des certificats de dépots qui permettent aux entreprises de se refinancer sur les marchés). Je regarde ma femme et je lui dis « Arrête de te gratter la tête« . Oui me dit-elle, mais « Matif, Monep est ce que c’est bien socialiste tout ça« . « Attend c’est pas tout » . Après tout, s’il y a deux rétroviseurs dans la voiture, il existe aussi un rétroviseur de l’histoire et il faut s’en servir , donc lui dis-je, « je continue« .
Il faut éviter la fuite des capitaux. On ne pouvait pas faire autrement compte tenu de la fin programmée du contrôle des changes (une des mesures d’austérité prise en mars1983). Le gouvernement socialiste (il faut le rappeler) et bien, c’est ce gouvernement socialiste, celui qui combat la finance qui va alors réduire les intérêts sur l’épargne et ce sont ceux qui ont de l’argent qui possédent un plan d’épargne en actions plus connu sous le nom de « PEA« . C’est également ce gouvernement, celui qui voulait taxer les entreprises, qui va réduire l’impôt sur les sociétés en l’abaissant de 50% à 33 %. » Mais ce sont des mesures en faveur des riches » me dit ma femme incrédule et naive. Je vois qu’elle commence à comprendre le socialisme. Mais tu n’as encore rien entendu ma pauvre chérie, c’est pas tout, il y en a encore pour ceux ceux qui voulaient combattre la finance. Cette gauche qui hait la finance et l’argent roi va mettre en place des instruments de spéculations financières, va abolir le monopole des agents de change, va créer de nouvelles niches fiscales. C’est aussi l’époque où les amis de l’homme de mai 81 ont pour nom : Roger Patrice Pelat, Bernard Tapi, Roland Dumas, Jean Peyrelevade, Yves Haberer, bref que des pauvres contrairement au chef de l’Etat actuel qui lui a des amis riches.
On approche de la maison, il faut en finir avec cette conversation. ma femme me regarde avec condescendance et me dit « je te trouve bien sévére car finalement c’est le pragmatisme qui l’a emporté sur le dogmatisme« . Alors là, si je ne conduisais pas, je me serai incliné car elle a peut être raison et si François Hollande est élu, il sera peut être lui aussi amené à vérifier cette vérité. Décidemment ma femme est une sage, mais ça je le sais depuis plus de 37 ans.
N’empêche pour celui qui disait à la manière de François Hollande un peu avant mai 81 » Combattre l’argent qui corrompt, l’argent qui tue » le pragmatisme a été poussé assez loin, non ? Allez va, cela ne m’empêchera de dormir, il est tard.
Ce dimanche 22 janvier à 22h50
By Flamant Rose
Dans ma jeunesse j’ai passé quelques brevets. D’abord le brevet de fin de la classe de 3 éme dit BEPC à 13 ans, puis en natation j’ai passé le brevet du 1000 mètres, dans ma vie professionnelle j’ai obtenu le brevet de secouriste. Il y en a beaucoup d’autres. Pour avoir son brevet de gaulliste, il faut passer par Colombey et réciter une formule du genre « il n’y a qu’une querelle qui vaille, celle de l’homme« , pour avoir son brevet de socialiste il faut se rendre à Jarnac et réciter une autre formule par exemple « Dans toute la ville, je me sens empereur ou architecte, je tranche, je décide, et j’arbitre « . Aujourd’hui il y a un nouveau brevet, c’est le brevet anti Sarkozy, on le passe à Gandrange et on dépose une gerbe sur » le site des promessses non tenues » et comme ils sont nombreux à vouloir obtenir ce brevet, cela explique qu’un certain nombre de personnalités se rendent dans ce lieu de Moselle. Ensuite on revient à la maison avec le diplôme en poche, on a obtenu à Gandrange son brevet anti Sarkozy. Martine Aubry qui avait révisé ses cours la semaine dernière à Lille et François Hollande qui s’est préparé en Guyane ont réussi leur examen de passage mardi dernier. Ils sont aujourd’hui diplômés.
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Qu’est ce que les diplômés de Gandrange reprochent à Nicolas Sarkozy ? Tout simplement d’avoir abandonné la site sidérurgique de Gandrange. Et dire que personne n’a réagi, et dire que personne ne leur a rafraîchi la mémoire. Je vous assure qu’il y a des jours où j’ai vraiment envie que Nicolas Sarkozy soit battu et que la droite perde les élections législatives qui suivront l’élection présidentielle. Ne pas avoir réagi à la visite de Hollande et de Aubry dans cette région est tout simplement ahurissant. Souvenons nous.
François Mitterrand est élu président de la République en 1981. Aux élections législatives qui suivent c’est une vague rose qui tombe sur le pays, les socialistes peuvent faire ce qu’ils veulent et ils vont le faire. En 1984 et plus exactement au printemps, le secteur de la sidérurgie en crise doit être restructuré. Pierre Mauroy sait que pour essayer de le sauver il faut passer par une suppression de 25.000 à 30.000 emplois à Usinor et Sacilor, qui à l’époque comptent 90.000 salariés. Les suppressions concernent donc 30% de l’effectif. Il va y avoir un combat féroce entre le Premier ministre Pierre Mauroy et Laurent Fabius. Fabius se convertit aux thèses de Sacilor pour faire un nouvel investissement : un train de laminage à Gandrange (et oui déjà) et auquel le patron d’Usinor Raymond Levy est opposé. C’est un devis de 1,8 milliard de francs. Pour Fabius, il s’agit de tout regrouper sur un seul site afin de rationaliser toutes les productions. Mais si ce choix est entériné , il impliquera la fermeture du laminoir de Trith-Saint-Léger. Mauroy un homme du Nord estime que sa région est suffisamment touchée et il s’oppose à ce projet. C’est François Mitterrand qui va trancher et il le fera en faveur de son Premier ministre et donc au détriment de la solution Fabius.
Martine Aubry et François Hollande ne se sont surement pas souvenus que finalement en 1984 il a été décidé de ne pas construire le train universel à Gandrange, il a été également décidé de fermer le train de laminage de Sacilor à Rombas situé lui aussi en Moselle et comme cela n’était pas suffisant on a également fermé le site de Fos-sur-mer, pourtant le plus moderne. Cerise sur le gâteau le laminoir de Trith-Saint-Léger n’a quand même pas été sauvé puisqu’il a été fermé l’année suivante en 1985 et pourtant…
…Pourtant en 1981.lors d’un voyage en Lorraine en octobre, ce n’était donc plus le candidat mais le président Mitterrand qui avait lui aussi imprudemment proclamé que « la nationalisation de la sidérurgie serait le fer de lance de la reconquête de l’emploi« .
Personne à droite pour faire un rappel de l’histoire à Aubry et à Hollande lors du passage de leur brevet anti Sarkozy à Gandrange. Je suis de plus en plus déçu. Je reste persuadé que cela aurait plus de poids que ces espèces de phrases stupides envoyées à tort et à travers par des gens comme Nadine Morano ou autre Frédéric Lefebvre et qui n’apportent rien aux débats. Rappeler l’histoire cela aurait au moins le mérite d’apprendre aux plus jeunes ce qu’ont fait les Aubry, Hollande et autre Fabius notamment dans le domaine de la sidérurgie lorsqu’ils étaient aux commandes du pays. Pauvre droite qui ne souvient même pas de ces 40 000 manifestants sidérurgistes, le jour même où François Mitterrand défendait le plan de restructuration industrielle, pauvre droite qui ne souvient pas que en tête du cortége il y avait Georges Marchais qui le le 2 avril 1984 avait déclaré à « L’Heure de vérité » que l’accord conclu avec le PS en juin 1981 avait été trahi et que le « plan acier » était une erreur tragique. Je dis pauvre droite qui ne souvient pas car c’est ce que je veux penser. En effet, si elle s’en souvient alors sa passivité face à des crtiques infondées est quelque chose de tragique et elle ne mérite pas de gagner.
By Flamant Rose
Nicolas Sarkozy a rendez vous avec les organisations syndicales. Si la remise en cause ou pas des 35 heures ne sera probablement pas le thème principal de la campagne électorale, je ne suis même pas certain que cela fasse l’objet de passse d’armes. C’est un débat qui me gêne un peu car je trouve qu’il y a trop d’incohérences.
A en croire l’UMP donc côté législatif, il faut remettre les 35 heures sur la table pour, soit les supprimer, soit les aménager et faire en sorte qu’elles soient traitées par entreprise, et puis côté exécutif on sent l’Elysée peu à l’aise même si Nicolas Sarkozy les a remises en cause par des moyens détournés.
Een réalité si on entretient le débat c’est parce que cela représente un vrai sujet politique c’est à dire un bon clivage droite gauche comme certains les aiment. Le problème c’est que sur ce thème, il,y a de nombreuses contradictions. D’abord contradictions au niveau du chef de l’État puisque le président de la République avait déclaré lors de sa conférence de presse de 2008 qu’il souhaitait la fin des 35 heures. Puis il a pris une position qui consiste à dire qu’il est inutile de les supprimer car dans les faits et à la suite de diverses réformes elles n’existent plus et que par conséquent le problème était réglé. Une question se pose malgré tout, à savoir que si les 35 heures étaient réellement une catastrophe alors il fallait les supprimer et ce , sans état d’âme et dès le début du mandat présidentiel. Pourquoi ne l’a t-on alors pas fait ? Mais si on le fait, c’est alors que ressort une terrible contradiction car supprimer les 35 heures c’est quasiment supprimer les heures supplémentaires et cela signifie alors qu’il faudrait travailler plus pour gagner moins c’est à dire l’inverse de ce que disait Nicolas Sarkozy alors que fait-on ? on les supprime, on les laisse ? Est-il nécessaire de s’engager dans un débat qui pourrait mettre en porte à faux Nicolas Sarkozy et que ne manquerait d’exploiter aussitôt la gauche. En effet, actuellement, en France, dans l’ensemble les salariés travaillent au delà de 35 h et les 2 ou 3 voire 4 h de plus sont payées en heures supplémentaires. Finalement cette suppression signifierait que le pouvoir d’achat baisserait puisque les salariés ne seront plus payés en heures supplémentaires. Elles concernerait essentielement de nombreux salariés de l’agriculture payé au taux horaires et qui font 39 heures par semaine. Chez nous, ils sont nombreux.
Et puis il y a tout de même une vraie question qui est celle de l’aide aux entreprises. Quand, fin 2010, Jean François Copé a mis le problème sur la table , il a bien pris soin de rappeler que les 35 h c’est 22 milliards d’aide aux entreprises. On comprend alors mieux les raisons qui ont fait que le MEDEF se soit mis à hurler contre la suppression des 35 h et ce en prétexant des excuses plus ou moins bidons telle que la nécessite de refondre des logiciels pour la paie. En réalité le MEDEF est bien conscient qu’avec la suppression des 35 heures ce sont les 22 milliards qui risqueraient d’être perdus. François Fillon qui était contre l’ouverture de ce débat a pris position en déclarant qu’il fallait peut être pérenisser ces aides , c’est à dire après décryptage qu’il ne s’opposerait pas à la suppresion des 35 heures et qu’il suggére même de le faire mais sans gêner le patronat.
Si les heures supplémentaires permettent à certains salariés de gagner plus en travaillant plus, elles permettent également aux entreprises d’être exonérées de cotisations sociales. La suppression pure et simple des 35 heures ferait donc que tout le monde serait perdant , salariés et entreprises. Et puis dans ce contexte qui va rapidement devenit un contexte électoral il faut tenir compte de l’opinion qui lui, est majoritairement favorable aux 35 h. Donc si c’est effectivement un bon débat droite / gauche, il faut que la majorité ait une vision ordonnée de ce débat et qu’elle ait réellement les idées en place sinon gare..
Je ne sais pas si c’est de la tactique ou de la stratégie mais cela me rappelle le débat sur le RSA . Une question est récurente, on l’a vu donc avec le RSA mais aussi avec le débat sur l’identité nationale et d’autre encore et donc aujourd’hui avec la suppression ou non des 35 heures et cette question c’est : est ce que le chef de l’Etat est à l’origine de ces débats ? est ce lui qui donne donne le TOP départ afin de voir les réactions des uns et des autres ? Au contraire subit-il les assauts de l’UMP et alors ce serait son autorité qui serait mise en cause ? Bien évidemment je n’ai pas la réponse. En revanche j’ai toujours en mémoire qu’à l’automne 2010 lors du remaiement ministériel Nicolas Sarkozy ne souhaitait pas reconduire François Fillon, il lui préférait Jean Louis Borloo et c’est sous la pression voire à la suite d’un bras de fer engagé avec l’UMP qui a dû se résoudre à finir son quinquennat avec Fillon. Ce fut quelque chose d’inédit sous la Véme République.
Pour terminer ce billet sur le thème des 35 heures, il faut bien reconnaître que c’est bien Jean François Copé qui avec juste à raison a soulevé un lièvre, je veux dire une énorme contradiction voire une incohérence. Il a fait ressortir qu’il était quand même tout à fait invraisemblable que d’une part on donne de l’argent aux entreprises en les subventionnant parce qu’elles ont réduit le temps de travail et qu’on on leur en donne une deuxième fois avec la défiscalisation des heures supplémentaires. En clair, et c’est ce qu’a fait ressortit Copé, c’est de dire qu’on donne deux fois pour des raisons contraires : une première fois pour diminuer le temps de travail et une seconde fois pour payer les heures supplémentaires donc pour rallonger ce même temps de travail. Si ça ce n’est pas une vraie incohérence alors il faut me dire ce que c’est et quel nom ça porte.
By Flamant Rose
Je disais dans un précédent billet que dans un certain microcosme on entend souvent l’expression » il faudrait procéder à une relance keynesienne » et celui qui prononce ce type de phrase jette un coup d’oeil à droite et à gauche pour constater son petit effet. Il y a des modes comme ça, comme disait Claude François ça s’en va et ça revient. Je pense que au cours de la campagne électorale, on aura l’occasion d’entendre ou de lire cette expression de la bouche ou de la main des étatistes qu’ils soient de droite ou de gauche.
Je n’ai pas pour habitude de censurer les commentaires et je ne le ferai pas saufen cas d’injures et encore, il m’est arrivé de laisser passer volontairement des commentaires totalement déplacés pour bien montrer jusqu’où pouvait aller l’extrémisme de certains militants et pas forcément du côté du FN. Malgré tout et bien que je ne censure pas, j’ai reçu sur ma boite mails privée deux commentaires venant de lecteurs qui n’ont pas voulu ou pas osé s’exprimer sur le blog. Il me reproche d’avoir été arrogant avec ceux qui parlent de relance keynesienne et surtout de ne pas m’être expliqué. Je réponds à ces lecteurs que ceux qui parlent de « relance keynesienne » ne s’expliquent pas plus que moi sur qui est Keynes et quelle est sa pensée ? Quand on les a lus on n’en sait pas plus. Ceci dit, j’ai pris note de ces reproches et je vais donc esayer d’expliquer le pourquoi de ma ou mes position (s) dans un domaine qui n’est pas le mien.
Pour mieux comprendre, il faut connaître le sens de deux mots: la macroéconomie qui étudie l’économie au niveau d’un pays et la microécomie qui étudie les comportements que ce soit ceux de l’entreprise ou ceux des consommateurs.
Qu’est ce c’est qu’il fait, qu’est ce qu’il a, qui c’est celui là ?
Le keynésianisme est une doctrine économique dérivée des idées de John Maynard Keynes un économiste de la première moitié du XXéme siècle. Cette doctrine concerne la formation du revenu national et l’intervention macroéconomique de l’État.
La publication en 1936 par John Maynard Keynes de la « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » déclencha ce qu’on appelle aujourd’hui la « révolution keynésienne » dans le domaine de la macroéconomie, de même que les oeuvres de Carl Menger, Stanley Jevons et Léon Walras avaient déclenché, en microéconomie, la « révolution marginaliste » au début des années 1870 . Pour aussi importants que soient ces deux tournants dans l’histoire de la pensée économique, ils présentent deux différences substantielles. D’une part, la « révolution keynésienne » ne propose pas seulement un nouveau cadre analytique, mais dérive de celui-ci la nécessité d’une intervention de l’État pour assurer le plein emploi ; elle implique donc une politique de régulation globale. D’autre part, cette approche est fondée sur l’idée qu’une économie de marché n’est pas capable d’établir spontanément le plein emploi. Pour Keynes donc seul l’Etat peut assurer le plein emploi, l’économie de marché ne le peut pas. Ceux qui ont l’habitude de me lire comprendront mieux maintenant pourquoi je ne suis pas « keynésien »et c’est là, la première raison.
La « Théorie générale de l’emploi,de l’intérêt et de la monnaie« , ça dit quoi ? en fait, La cohérence logique de la Théorie Générale peut se résumer en trois propositions qui fondent une macro économie originale :
a) le niveau de l’emploi n’est pas déterminé par l’équilibre sur le marché du travail, mais par les anticipations des entreprises sur le niveau de la demande globale ;
b) la demande globale peut être insuffisante pour susciter un produit global assurant le plein emploi et cette déficience résulte principalement de la faiblesse des investissements des entreprises ;
c) la monnaie joue un rôle central dans l’existence de l’équilibre de sous-emploi, à travers la façon dont est satisfaite la préférence pour la liquidité.
Les keynessiens se distinguent donc par le fait que pour eux, la macroéconomie s’intéresse à la gestion de la conjoncture et à la nécessité d’intervenir rapidement pour l’empêcher de s’effondrer, alors que la macroéconomie classique s’intéresse aux structures fondamentales de l’économie. Je suis partisan de la macro économie classique et c’est la seconde raison qui fait que je ne suis pas keynessien.
Au plan de la politique économique, les politiques économiques keynésiennes sont donc des politiques macroéconomiques visant à soutenir la conjoncture économique en levant les contraintes de demande pesant à court terme sur la croissance économique. C’est la raison pour laquelle en ce moment, en temps de crise, on entend parler de « relance keynesienne ».
Les préférences de ceux qui, comme moi, soutiennent la macroéconomie classique, le font parce que à leur yeux les politiques économiques classiques sont au contraire des politiques microéconomiques visant à jouer sur les structures fondamentales de l’économie (incitations et comportements microéconomiques et fonctionnement des marchés) de manière à lever les contraintes d’offre qui, à long terme, peuvent hypothéquer l’élévation de la croissance et du niveau de vie. La loi de Say qui veut que » toute offre crée sa propre demande » n’est donc pas invalidée, comme le prétendait Keynes : sa validité est circonscrite au long terme. Seules des rigidités peuvent expliquer qu’elle ne s’applique pas à court terme.
Avec la théorie de Keynes c’est toute la conception de la société qui est en cause, ainsi que la manière d’envisager pratiquement l’amélioration de son fonctionnement. Si l’économie de marché ne peut garantir le plein emploi, une intervention extérieure à la logique du marché est nécessaire : l’État doit mener une politique macroéconomique destinée à pallier la façon défectueuse dont est déterminé le volume de l’emploi. L’État, toujours l’État, encore l’Etat, tel est la pensée keynesienne
Le libéralisme classique attaqué dans les années 1920 et 1930 et défait dans les années 1940 et 1950, est cependant loin d’avoir disparu. Il ressurgit à l’occasion de la crise des années 1970 sous l’impulsion du courant dit « monétariste » de Milton Friedman (1912-2006, prix Nobel 1976), qui initie ce qu’on qualifie parfois de « contre-révolution » classique en macroéconomie. Le monétarisme opère sur la base d’une critique des « fondements microéconomiques de la macroéconomie keynésienne », et ce à deux niveaux :
– une recherche des fondements microéconomiques des grandes fonctions macroéconomiques (consommation, demande de monnaie). Cette recherche conduira les « monétaristes » à faire entendre la voix « classique » dans les débats, internes à la synthèse, relatifs à la stabilité des fonctions de comportement et à l’efficacité relative des instruments monétaire et budgétaire dans la régulation des économies ;
– une recherche des fondements microéconomiques des équilibres macroéconomiques. À l’aube du déclenchement de la crise des années 1970, qui va fragiliser le dogme keynésien, cette seconde étape leur permettra de conclure l’offensive en remettant en cause cette fois toute forme d’intervention de la part de la puissance publique dans la régulation macroéconomique.
Voila ce qu’est, tout au moins d’après ce que j’ai pu ou cru en comprendre, le keynesianisme. Finalement il s’agit d’une conception de la société qui est en complète opposition avec la mienne et c’est pourquoi je ne le suis pas et que je ne le deviendrai pas. Le tout État, c’est vraiment pas mon truc.
By Flamant Rose
Tout le monde a du voir cet échange absolument surréaliste entre le président de la République et la maire de Lille lors de la présentation des voeux du chef de l’État à la fonction publique. Tout est parti d’une déclaration du président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer qui a déclaré je cite » Si nous ratons ce rendez-vous de la responsabilité et du courage, les conséquences économiques et sociales pourraient être comparables à celles provoquées par une guerre. » Cette phrase faisait suite à un discours sur l’état de la France, sa dette, son manque de compétitivité et Bernard Accoyer a voulu dire qu’il fallait du courage et se montrer responsable pour sortir la France de cette crise. A aucun moment, il n’a parlé du PS ou de François Hollande. Cette phrase pouvait aussi bien s’adresser à Marine le Pen qui veut sortir le pays de la zone euro. La presse, dans son ensemble, n’a rien relevé d’extraordinaire dans ce qu’a dit Bernard Accoyer. Oui, si le président élu en 2012 ne fait pas preuve de responsabilité et de courage pour prendre les mesures qui doivent s’imposer, alors les conséquences pour le pays pourraient être comparables à celles provoquées par une guerre. Accoyer n’a rien dit d’autre et en aucun cas il n’a injurié qui que ce soit. En ce qui me concerne il n’a non seulement pas franchi la ligne jaune mais il n’a même rien dit de préjudiciable envers qui que ce soit. Pourquoi le parti socialiste et François Hollande se sont-ils sentis visés alors que ni l’un ni l’autre n’ont été cité ? Surtout que eux ont eu des mots réellement durs envers le chef de l’État.
C’est bien parce qu’il n’y rien à redire à la déclaration de Bernard Accoyer que j’ai trouvé l’échange entre Nicolas Sarkozy et Martine Aubry tout à fait surréaliste. Et si l’un des deux m’a déçu, et bien sur ce coup là c’est Nicolas Sarkozy. A t-on oublié les qualificatifs envers lui ? A t-on oublié les unes de certains hebdomadaires ? Est-il dansgereux ? le délinquant, Sarkozy le voyou, Sarkozy Daladier etc…etc… depuis la campagne de 2007 cela n’arrête pas. Et aujourd’hui les socialistes viennent jouer les vierges outragées.
Mais enfin, pourquoi à la fin de cet échange, Nicolas Sarkozy a t-il éprouvé le besoin de se retourner, de faire un pas en arrière et de s’adresser à Martine aubry comme un gamin pris en flagrand délit de faute » je suis d’accord avec vous sur Bernard accoyer« ; qu’est ce que c’est que ce lâchage en bonne et due forme ?
Ma première réflexion est que Nicolas Sarkozy n’a pas à s’excuser même si besoin été pour un autre, ma seconde réflexion est que Bernard Accoyer a ,comme vous et moi, le droit de s’exprimer et de dire ce qu’il a envie de dire. Par ailleurs et c’est ma troisième réflexion, lors de ses vœux il a fait une comparaison avec laquelle on peut, et on a le droit, ne pas être d’accord, mais ce qu’il a dit, non seulement se défend mais peut tout à fait s’argumenter. Pour moi, cela fait trois raisons qui font que Nicolas Sarkozy aurait dû s’abstenir de lâcher Bernard Accoyer. D’autre part en agissant comme il l’a fait, il me semble qu’il a désacralisé la fonction présidentielle en se mettant en état d’inférorité au près de quelqu’un qui, aprés tout, n’est que maire de sa ville alors que lui est chef d’État. En lâchant Bernard Accoyer, Nicolas Sarkozy risque de donner raison à certains de ses détracteurs qui disent de lui qu’il est soumis à Angela Merkel. Avec ce pas en arrière, et pour revenir à Martine Aubry qui ne lui demandait rien, afin de désavouer Bernard Accoyer, il a donné l’impression de s’être soumis à Martine Aubry. Vrai ou fausse, l’impression elle existe et ce n’est pas bon pour son image déjà dégradée.
Pendant une campagne électorale, on ne vit pas au pays des bisounours. Bernard Accoyer, lui, ne regrette rien. Il asume ses propos et il a raison « Non, on ne peut pas regretter des propos qui sont interprétés d’une façon partisane et déformée. » Il a ajouté encore une fois avec raison » Si on ne peut plus expliquer que la France est dans un rythme de dépenses mortifère, ce n’est plus la peine de faire de la politique » . Pour lui, l’incident est clos, inutile de revenir dessus. A moins de cent jours d’une élection présidentielle, on ne lâche pas un de ses principaux soutiens pour se soumettre aux injonctions d’une maire fut-elle la chef du premier parti d’opposition. C’est à mon avis, non seulement une faute car on ne lâche pas quelqu’un qui dit des choses qui plus est sont vraies, même si elles sont dérangeantes, mais de plus cela me paraît être une erreur tactique.
By Flamant Rose
En 2007, à l’issue du premier tour l’ensemble des forces de gauche représentaient 36% de l’électorat , score qui s’est révélé insuffisant pour gagner lors du deuxième tour. Aujourd’hui de toutes les études d’opinion, il ressort à nouveau l’extrême faiblesse de la gauche puisque Hollande, Mélenchon et Joly cela fait un total de 38%. Or les projections sur le deuxième tour sont aujourd’hui à 56 % en faveur de Hollande contre 44% pour Sarkozy et cela malgré la campagne calamiteuse du candidat socialiste. Ce score de 56 % pour Hollande nous renvoie aux études d’opinion sur la popularité des politiques où l’on voit qu’il y a un bloc anti Sarkozy que pour le moment le chef de l’Etat n’a pas réussi à faire exploser. En 2007 à la même époque on était avec du 52 /48 en faveur de Ségolène Royale alors qu’aujourd’hui tous les instituts mesure un écart beaucoup plus important. Par ailleurs, d’autres études montrent que pour 60 % de nos concitoyens le parti socialiste, s’il parvient au pouvoir, ne fera pas mieux que l’actuelle majorité. Si on s’en tient à ces chiffres du premier et du deuxième tour et à la confiance envers le PS, il en ressort un enseignement, c’est qu’il n’ y a aucune adhésion au candiadat socialiste mais qu’il existe en revanche, un profond rejet de Nicolas Sarkozy. Alors la question qui se pose est de savoir si l’anti sarkozysme suffira ou pas à François Hollande pour sortir vainqueur de l’élection présidentielle? Personnellement j’ai des doutes et même de gros doutes.
Sachant que Marine le Pen n’a aucune chance, il se peut et sa montée dans les sondages semble le démontrer que François Bayrou puisse apparaître comme un recours possible à une éventuelle chute du candidat Hollande. On peut légitimement penser que nous assistons à la formation d’un groupe de 4 candidats qui se détachent du peloton. Parmi ces 4, deux sont en perte de vitesse ou se maintiennent, Hollande et Sarkozy alors que Bayrou est entrain de refaire son retard. Si d’ici quelques semaines il approche la barre des 20 % alors toutes les cartes risquent d’être redistribuées et tout devient possible pour lui. Je reste persuadé que Bayrou présent au second tout battrait à la fois Hollande et Sarkozy.
Parmi ces 4 candidats c’est Marine le Pen qui possède l’électorat le plus déterminé, celui qui quoiqu’il arrive ne changera pas d’avis d’ici l’élection. Les moins sûr d’eux sont ce qui se disent prêt à voter pour François Bayrou. Nicolas Sarkozy semble avoir un socle incompressible de l’ordre de 23 à 25%, sauf catastrophe.
Marine le Pen accapare prés du tiers de l’électorat dans les catégories populaires, Hollande fait à peine 30% dans cette même catégorie, Mélenchon fait lui 7%. La chute de Hollande dans cette catégories de population était prévisible, il suffit d’avoir lu Terra-nova pour en être convaincu. Cette succursale du PS a renié les classes populaires et qui plus est, elle a revendiqué ce reniement.
Si on devait additionner à l’issue du premier tour les voix de droite et de gauche ce serait trés serré avec un léger avantage à la droite. Or ce n’est pas du tout ce qui se passe au deuxième tour en cas de duel Sarkozy / Hollande. Il y a, à cela deux raisons. La première c’est que les électeurs du FN ne votent pas dans leur ensemble pour Nicolas Sarkozy, le tiers des électeurs de Marine le Pen se reporte sur François Hollande et une autre frange importante de ce même électorat ne se déplacera pas pour aller voter au deuxième tour si Marine le Pen est absente. Sachant que les électeurs de Bayrou sont dans l’ensemble issus du centre gauche et se reporteront sur le candidat socialiste et que dans le même temps Hollande fera, lui, le plein des voix écologistes et d’extrême gauche, on comprend alors mieux pourquoi François Hollande qui ne parvient pas à engranger une dynamique serait à priori un large vainqueur, par defaut surement, mais vainqueur.
Je me demande si François Hollande est bien le candidat du PS, non seulement parce que les grands barons socialistes ont plus de chances de retrouver leurs postes de présidents d’exécutifs locaux en demeurant dans l’opposition mais aussi parce que Martine Aubry et ses alliés n’ont peut-être pas renoncé à l’idée de diriger le pays. Dans l’hypothèses où Nicolas Sarkozy ou François Bayrou serait (ré)élu, le PS pourrait en effet espérer remporter les législatives et Martine Aubry, en tant que 1ère secrétaire du PS, serait alors nommée à Matignon.
Il me semble que cela va aller de mieux en mieux pour Bayrou mais de là à être présent au deuxième tour, on en est pas encore là. Il va, néanmoins, devenir l’un des principaux protagonistes de l’élection présidentielle parce qu’il va capter de plus en plus d’électeurs qui vont être déçus par François Hollande qui va se révéler, et cela a déjà commencé, comme étant un candidat de seconde division sans programme. Bayrou va aussi capter tous ceux qui nourrissent un anti sarkozysme virulent et ils sont nombreux. Cet anti Srakozysme s’il perdure ne fera son effet qu’au deuxième tour, alors qu’une récupération d’une partie des suffrages de Hollande pourrait se faire dès le premier tour. C’est la raison pour laquelle je n’exclus pas un second tour Sarkozy/Bayrou. François Bayrou serait alors en passe de réussir l’impossible, c’est à dire restaurer un centre qui n’a pas vécu sous la Véme République hormis peut être sous Valéry Giscard d’Estaing. Après tout, François Mitterrand et Jacques Chirac ont été élus à leur troisième tentative.
Enfin autre hypothèse, et si Marine le Pen n’avait pas les parrainages nécessaires pour se présenter ? Alors je crois que Bayrou n’aurait aucune chance de figurer au deuxième tour. Est ce que les deux autres candidats souverainistes en tireraient quelques pour cents ? on pourrait voir un Mélenchon dépasser les 10% et Dupont Aignan franchir la barre des 5%. Marine le Pen absente c’est un partage de 16 à 20% de suffrages à distribuer et un sacré problème posé à l’UMP pour les législatives qui suivront car alors les électeurs FN se mobiliseront en masse et les 12,5% des électeurs inscrits seront atteints dans bien des circonscriptions. L’UMP doit avoir en mémoire qu’en 2007, les triangulaires lui ont faire une bonne trentaine de sièges et par suite la majorité à l’Assemblée nationale. Mais nous n’en sommes pas encore là.
By Flamant Rose
Cela fait des décennies que les politiques qu’ils soient en campagne électorale, au gouvernement ou dans l’opposition ne disent pas la vérité. Cette absence de confiance, cette absence de vouloir admettre que nous sommes pour la plupart des adultes capables d’entendre la vérité fait que nous vivons de promesses, évidemment impossibles à tenir. Pourtant si un homme ou une femme politique, comme le général de Gaulle en son temps, avait une vision et des solutions même difficiles il ou elle arriverait à convaincre et à mobiliser. En fait aujourd’hui, nous n’avons plus confiance en nos hommes politiques. Ils n’ont même plus de convictions, ce qu’ils disent n’est pas forcément ce qu’ils pensent et un homme comme Manuel Valls en a fait une démonstration éclatante il y a peu. Ils pensent et le disent ou le pensent et disent le contraire selon qu’ils sont dans une majorité ou dans une opposition. Pourquoi cette attitude, pourquoi ces mensonges ? Pourquoi cette tromperie ? A contrario, il faut reconnaître que nous mêmes nous ne sommes pas toujours logiques et je prends pour exemple ceux qui reprochent à Nicolas Sarkozy d’avoir fait voter le traité de Lisbonne par le congrès alors que cette mesure figurait clairement dans son programme électoral. Pourtant parmi critiques, ceraines viennent de ceux qui ont voté pour lui. En quelque sorte certains de ses électeurs lui reprochent d’avoir fait ce qu’il avait dit qu’il ferait. L’incohérence n’est donc pas propre aux politiques. Très honnêtement, je n’étais pas spécialement favorable au traité de Lisbonne, j’étais plutôt assez indécis, mais lorsque j’ai mis mon bulletin « Sarkosy » dans l’urne, je savais que le référendum serait remis en question par le congrés. La cohérence veut qu’aujourd’hui je ne hurle pas avec les loups.
La politique s’est professionalisée
La politique est devenue un métier, on en vit et on en vit bien et même très bien. Les politiques ont donc pour objectif prioritaire d’être élu et lorsqu’ils le sont de l’être à nouveau. Pour être élu ou réélu il faut caresser l’électorat, ce qui explique que la démagogie remplace la pédagogie, on chante Edtih Piaf et » la vie en rose » plutôt que l’idole des jeunes et » noir c’est noir « .
Ce type de discours et ces promesses pouvaient passés auprés des Français pendant ce que l’on appelle « les trente glorieuses » tant la croissance était importante et comme tout le monde en bénéficiait, les inégalités passaient plus facilement. Aujourd’hui la donne a changé et le discours démagogique a pris le pas sur le discours vrai. Aujourd’hui un homme politique qui se présente à une élection, quelle soit présidentielle ou municipale, doit faire preuve de beaucoup d’habileté voire de filouterie, on promet même ce que l’on sait déjà que l’on ne pourra pas tenir. Si je devais citer un nom, un seul, d’un homme politique qui n’a jamais trahi ses convictions au profit d’une élection alors le nom qui me vient à l’esprit est celui de Pierre Mendes France. Tout ce qui ont étudié le général de Gaulle savent que même lui a caché ses convictions sur le problème de l’indépendance de l’Algérie. Tout démontre qu’il savait ce qui allait devenir inévitable et pourtant avant d’accéder au pouvoir en 1958 il ne l’a pas dit.
Le politique doit se montrer optimiste
Je ne suis pas économiste et heureux de ne pas l’être tant ceux qui prétendent l’être ont des avis contradictoires. Mais il y a, dans la vie économique, un facteur très important qui est celui de la « psychologie ». Il suffit d’étudier les nombreuses études d’opinions qui sont faites sur ce facteur. On étudie le moral des chefs d’entreprises, le moral des Français, le moral de la jeunesse etc….Si les chefs d’entreprises sont pessimistes sur l’avenir alors ils ne recrutent pas ou moins, si les ménages sont pessimistes alors ils consomment moins et quand on additionne les uns avec les autres lé résultat est un ralentisement de la croissance.
Les politiques sont sensibles à ces études, ce qui explique que lors d’une campagne électorale ils ne prennent en compte dans leurs discours que ce qui les interesse, en l’occurence les prédictions ou projections les plus optimistes chez les uns ou chez les autres, car il faut soutenir le moral des entrepreneurs et celui des ménages et ils laissent donc de côté les projections les plus pessimistes. Ça fait désordre
Les impossibles réformes
Dans ma jeunesse on voyait les gens se mobiliser contre une réforme lorsqu’elle était en cour, puis les choses ont évolué et on s’est mobilisé contre un projet de réforme et aujourd’hui on se mobilise contre la moindre étude qui pourrait conduire à un projet de réforme. Dés qu’une étude est mise en route, parfois même avant, dés sa connaissance, et quelqu’en soit le sujet, tout de suite il vient à l’idée que l’on veut s’attaquer à tel ou tel avantage acquis, à telle ou telle situation ou sujet de société et c’est ainsi que finalement il y a des sujets qui ne peuvent même plus être abordés dans la sérénité à un point tel qu’ils sont abandonnés avant même que la moindre étude ait débuté. Ce type de comportement bloque de nombreuses initiatives et comme la politique est devenue un métier, face aux réactions négatives le politique bloque les réformes envisagées voire même ne les lance pas. On a de nombreux exemple, on sait par exemple que la réforme des retraites était dans les cartons de Lionel Jospin mais qu’il n’a pas osé, ne serait ce qu’en parler, compte tenu des échéances présidentielles de 2002.
On voit donc que les politiques ne disent pas la vérité parce qu’ils vivent de cette politique et qu’ils doivent mettre dans la plupart des cas leurs convictions sous un masque, ils ne disent pas la vérité par le fait même qu’ils doivent faire preuve d’optimiste et que promettre du sang et des larmes leur coûterait l’élection. Ils ne peuvent pas dire la vérité pour ne pas engager des réformes qui leurs seraient préjudiciables. Mais il y a peut être une quatrième raison qui fait qu’ils ne disent pas la vérité et c’est celle-ci : eux mêmes en leur âme et conscience, la connaissent-ils cette vérité ? pas sûr.
Les politiques connaissent-ils la vérité ?
Rien ne le démontre et la situation actuelle du pays en est la meilleure preuve. En effet si les politiques ont bien des défauts, si nombre d’entre eux sont corrompus, imbus d’eux mêmes et s’ils aiment le pouvoir et les ors de la République, je reste persuadé que dans leur for intérieur ils ont commis des erreurs en toute bonne foi. On sait que depuis 1974, un seul budget a été voté à l’équilibre, celui de 1980. Je pense que les présidents successifs qui sont à l’origine du gouffre que constitue notre déficit ont été de bonne foi. Je reste en effet persuadé que chaque qu’ils ont creusé un déficit, ils pensaient avoir de la croissance en retour et que cette croissance permettrait de percevoir des taxes qui à leur tour viendraient combler les déficits. Ils se sont tous trompés. Malgré plus de 30 ans de preuves contraires, il y a encore qui restent convaincus qu’il faut toujours emprunter, toujours creuser des déficit pour avoir de la croissance. En fait tout démontre que les économistes et les politiques ne savent pas, ils ne connaissent pas la vérité, ils font comme si à coup de phrases et de noms. Dans le microcosme que j’ai l’occasion de fréquenter (rarement) certains parlent tout fier de « relance keynesienne« , Ah quand ils ont dit ça ! Tout ces gens sortent des mêmes écoles, ils ont eu les mêmes maîtres. Tout semble indiquer qu’il n’ y a peut être pas de vérité et s’il y en a une chacun à la sienne. Finalement les politiques et les économistes ne sont ni plus ni moins que des technocrates, ces personnages qu’ils dénoncent par ailleurs, ce sont les mêmes.
Mais les politique ne diront jamais qu’ils ne connaissent pas la vérité, ils ne se poseront même pas la question de savoir s’il en existe une, parce qu’ils sont enfermés chacun dans leur dogme marxiste, socialiste, libéral et maintenant néo-libéral, parce que pour certains il faut sortir de la zone euro, pour d’autres il faut surtout y rester, parce que pour certains il faut faire une relance keynesienne comme ils disent, pour d’autres il faut d’abord réduire les déficits, bref tous prétendent détenir la vérité. Finalement quand je fais le bilan j’en arrive à la conclusion que de tous les facteurs qui font que les politiques ne disent pas la vérité, l’ignorance a peut être la part prépondérante.
La conséquence
La conséquence de tout ça est une perte énorme de confiance envers le personnel politique.Dans le Figaro magazine la question suivante a été posée : pour chacune des personnalités suivantes, souhaitez vous lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir.Celui qui arrive en tête c’est François Hollande avec pourtant seulement 47%. En clair parmi les trente huit personnalités citées il n’y en aucune pour laquelle au moins un Français sur deux lui souhaite de jouer un rôle, cela démontre l’état d’esprit de nos concitoyens, cela démontre le manque de crédibilité de la classe politique française. Nous n’avons plus confiance dans nos dirigeants politiques et quand ils s’expriment nous ne les croyons plus, c’est dramatique d’en être arrivé là. Le fait de manquer à ce point de confiance pose une question : la démocratie peut-elle fonctionner si la confiance n’est plus là ? Parce que cela veut dire que même lorsqu’on nous dira la vérité, on ne la croira pas. C’est la fameuse histoire où à force de crier au loup, le jour où il est réellement présent olus personne ne réagit. Cela peut nous mener à l’extrémisme et pour ceux qui en doutent, l’histoire est là pour nous le rappeler. A une période où cerains émettent l’idée de monétiser les dettes des pays de la zone euro, je dirai que la parole politique est,elle, entrain de se démonétiser.
La vérité : un rampart au populisme et à la démagogie
Chaque fois que j’entends Marine le Pen, je suis stupéfait qu’elle puisse attirer près de 20% de nos concitoyens. Il en est de même pour Jean Luc Mélenchon même s’il attire un peu moins. Mais à la reflexion je me dis que c’est finalement normal, car si Marine le Pen peut développer ses propos populistes, c’est bien précisément parceque en face il n’y a pas de langage de vérité et le Pen et Mélenchon se sont engouffrés dans ce manque de crédibilité en donnant l’impression que le discours de vérité ce sont eux qui le tiennent.
On ne les combattra pas sur un terrain qu’ils connaissent parfaitement parce que c’est leur jardin, celui du populisme et de la démogogie sans nuance. Ce n’est donc pas en allant sur leurs terres qu’on les vaincra, mais en prenant nos concitoyens pour ce qu’ils sont c’est à dire des adultes capables de comprendre et d’accepter enfin qu’on leur tienne un langage de vérité.
S’indigner et se réjouir
De Christophe André, Psychiatre à l’hopital St Anne. Tribune parue dans le Figaro du 14 janvier 2011
«Nous sommes parmi les peuples mieux lotis de la planète, mais aussi parmi les plus plaintifs. Pour le meilleur et pour le pire, nous sommes depuis toujours des révoltés : depuis deux siècles, le monde nous regarde avec admiration ou amusement nous indigner, faire des révolutions, défiler, nous mettre en grève. J’en suis fier : nous ne sommes pas, ou pas complètement, ou pas encore un peuple passif. Mais où est l’autre versant ? Où est la capacité à nous réjouir de nos libertés, de son acquis, de nos chances ? Et à agir chaque jour calmement pour qu’elles perdurent, et non pas seulement dans le tapage passager de nos indignations ? Appliquons donc le programme dans son entier : s’indigner mais aussi se réjouir, puis réfléchir, puis agir».
Pour terminer ce billet et surtout pour le résumer, je vais citer une phrase du Premier Ministre du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker » Nous savons tous ce qu’il faut faire. Ce que nous ne savons pas, c’est comment être réélus si nous le faisons« . Je ne suis pas certains que tous sachent ce qu’il faut faire, mais cette phrase est terrible et elle va dans le sens que je veux donner à ce billet à savoir que les politiques sont persuadés que la vérité peut coûter une élection et c’est pour eux un véritable frein. Pourtant, si c’est vrai en considérant par exemple le cas de Gerhard Schröder, un homme qui a privilégié l’intérêt général de son pays au détriment de sa carrière politique, ce n’est pas forcément vrai dans d’autres cas ou le langage de vérité n’a électoralement rien coûté à ceux qui l’ont tenu et la Suède en est l’illustration parfaite, c’est un pays de gens responsables.
By Flamant Rose
C’est avec une infinie tristesse que tous les gaullistes viennent d’apprendre ou vont apprendre la disparition de Pierre Lefranc. Pour ceux qui ne le connaissez pas, vous lirez dans la presse les grands lignes de sa vie et de son parcours. J’espère que la presse saura lui rendre l’hommage auquel il a droit. Pour les autres, je voudrais avec cet hommage entrer dans sa vie et dans son action auprès du général de Gaulle de façon plus intime.
Pierre Lefranc à dix huit ans lorsqu’il participe, le 11 novembre 1940, à la première manifestation publique de résistance, dont il est l’un des organisateurs : le rassemblement des étudiants parisiens au Soldat inconu. Blessé à la jambe par des éclats de grenade allemande, il fait partie des 2300 jeunes arrêtés. Il est emprisonné pendant un mois. Passé en zone libre, il milite au mouvement « Combat », puis gagne l’Espagne où il est incarcéré. Puis,il rejoint les F.F.L., effectue deux missions en France et termine la campagne en Allemagne avec la 1ére armée française. Chargé de mission du R.P.F. en 1947, il est responsable de son organisation dans la région du centre et aussi de la préparation du voyage du général de Gaulle en juin 1947 dans le Nord. Il est ensuite secrétaire général des jeunes. Il est successivement chef de cabinet du Général en 1958, puis chargé de mission (1959) et conseiller technique (1961) au cabinet du président de la République. Préfet de l’Indre (1963), président-directeur général de la SOFIRAD (1965-1973), il est désigné comme président de l’association nationale pour le soutien de l’action du général de Gaulle en 1966. Il fonde l’institut Charles de Gaulle en 1971. Il a publié « Voici tes fils » (1974), « De Gaulle raconté aux jeunes » (1975), « Le vent de la liberté » 1976, « Avec qui vous savez » (1979), « Charles de gaulle, sa vie, son oevre » (1985) etc…
Pierre Lefranc a longtemps vécu dans le sillage du général de Gaulle. Depuis sa mort , il s’est consacré à entretenir la mémoire de l’homme du 18 juin. Il disait comment ses proches percevaient en lui « l’Homme du Nord » et il aimait évoquer l’organisation complexe des voyages dont il fut responsable pendant plusieurs années. Ses récits sont à ce sujet remplis d’anecdotes. C’est ainsi, de la bouche de Pierre Lefranc, que l’on a appris que le général de Gaulle, lors de ses déplacements à l’étranger, ne voulait utiliser que des moyens de transport français, avions ou bateaux.
Pierre Lefranc vient de nous quitter à l’âge de 90 ans dont 72 consacrés au général de Gaulle. Il était Grand Croix de la légion d’honneur et de l’ordre national du mérite. Il était décoré de la Croix de guerre 39-45 et médaillé de la Résistance. Il s’en est allé rejoindre celui auquel il a voué sa vie. Ils doivent avoir bien des choses à se raconter.

A Lille, le 21 septembre 1958, le général de Gaulle est entouré de Pierre Lefranc à droite et du lieutenant-colonnel de Bonneval , aide de camp.
By Flamant Rose
Sea France est en difficulté. A la lecture d’une certaine presse, à écouter certains hommes et femmes politiques il y a un responsable. Comme je ne voyais pas lequel, j’ai interrogé l’inspecteur Bourrel et voici ce qu’il m’a répondu après réflexion : « Bon sang, mais c’est bien sûr, c’est la faute à Nicolas Sarkozy« . Il a raison le bougre, mais comment ai je pu ne pas y penser ? Je dois me faire vieux et mes capacités de reflexion doivent être sérieusement entamées tant il est évident que c’est la faute à Nicolas Sarkozy. J’aurais dû y penser parce que tout est de la faute de Nicolas Sarkozy et Pétro plus c’est aussi de la faute à Nicolas Sarkozy, et le vent violent qui souffle sur la camargue et qui m’a occasionné quelques dégâts ce matin, c’est aussi la faute à Nicolas Sarkozy.
Malgré cette évidence « c’est la faute à Nicolas Sarkozy« , je me suis dit qu’il fallait quand même creuser pour essayer de comprendre, alors j’ai fait appel aux quelques facultés qui me restent encore et ce , avant qu’elles ne me lâchent complétement.
Mon enquête m’a appris qu’il y avait deux compagnies qui assuraient la desserte entre la France et l’Angleterre. L’une est française et porte le nom de « Sea France » et sa création date de 1996, l’autre est anglaise et s’appelle » P&O ferries« . Elle a changé de nom en 2002, mais sa création date des années 60. En 1998, P&O a racheté 40% de la compagnie danoise Stena Line, puis en 2002 les autres 40% et c’est ainsi que P&O Stena Line est devenu P&O ferries. Face à la concurrence des compagnies aériennes low cost et à celle du tunnel sous la Manche, P&O a fermé un certain nombre de ses lignes devenues non rentables et s’est consacré aux autres avec entre autres la ligne qui relie Calais à Douvres. P&O s’est modernisé en transformant deux de ses bateaux uniquement affrétés pour le transport des marchandises en navires pour le transport des passagers et en renouvelant d’autres navires.
Pendant ce temps, Sea France se laissait vivre. Comme dans les ports et docks où c’est la CGT qui fait la loi, comme dans la fonction publique à Marseille où c’est FO qui impose la sienne aux autorités élues avec en autre le fini-parti et bien, à Sea France c’est la CFDT qui règne en maître. Dans tous ces cas il y a des similitudes, par exemple pour être embauché il faut être possesseur de la carte du syndicat, être parrainé, obéir au doigt et a l’œil et dans tous les cas, un point commun, il y a une mauvaise gestion. Cela fait dix ans que Sea France perd de l’argent, cela fait dix ans que l’entreprise est renflouée. Là où P&O a su faire face aux compagnies aériennes low cost et à la traversée du tunnel sous la Manche, Sea France a été incapable de réagir et c’est logiquement P&O qui est sorti vainqueur de Sea France et ce, sans même combattre tant le concurrent est resté passif.
Mais ce n’est pas tout. Comme la CGT dans les ports et docks, comme FO dans la fonction publique à Marseille, la CFDT fait la pluie et le beau temps à Sea France. Comme la CGT et FO, elle impose ses critères d’embauche à savoir être parrainé et détenteur de la carte de la CFDT. Comme les autres syndicats, elle montre ses limites en matière de gestion et malgré tout ça, cela n’ouvre toujours pas les yeux à des directions qui ne veulent pas les ouvrir afin de ne pas voir que parfois la paix sociale a un coût et que ce coût est souvent trés élevé. Je le sais et j’en ai fait la triste expérience puisque, et je l’ai déjà dit ici, pour l’avoir dénoncé en temps et en heures j’ai fini les trois dernières années de ma carrière dans un placard et j’ai, de ce fait pris une retraite anticipée. Dévoiler la vérité et mettre des directions face à leurs responsabilités coûtent également très cher à son auteur. On voit bien que Nicolas Sarkozy n’a strictement rien à voir dans cette affaire.
Endettée de plusieurs dizaines de millions d’euros, la direction de Sea France décide d’un plan de restructuration que bien entendu le syndicat majoritaire et les autres refusent. Pour manifester son mécontentement, la CFDT lance un mouvement de grève pendant la période de Pâques 2010 ce qui occasionne une nouvelle perte de plus d’un million d’euros et c’est la goutte de trop. Le passif de l’entreprise est alors de 185 millions d’euros et donc, ce qui devait arriver est arrivé et c’est ainsi qu’en juin 2010, l’entreprise a été mise en redressement judiciaire.
La CFDT qui règne en maître à Sea France se permet alors un dernier exploit, celui de refuser une offre proposée par DFDS/Louis Dreyfus, un groupe de transport et de logistique danois qui se proposait d’acquèrir les actifs de reprise et donner à Sea France en plus de Douvres Calais qu’elle possède déjà, la ligne Douvres / Dunkerque. Seulement sur les 760 ETP (équivalent temps plein), le groupe danois n’en reprenait que 460 dans un premier temps avec possibilté d’augmenter les effectifs par la suite. C’était une chance inespérée pour Sea France sachant que DFDS est l’opérateur maritime logistique le plus puissant d’Europe. Et bien que croyez vous qu’il arriva : la CFDT a dit non. Le groupe danois renonce à proposer une nouvelle offre en affirmant qu’aucune discusion n’est possible avec la CFDT. Au Danemark, on a pas pour habitude de jouer les marchands de tapis. Voici la déclaration du groupe danois » Malheureusement, dans le cours de ce processus, il n’a pas été possible de rencontrer le syndicat majoritaire de la société Sea France qui a d’ailleurs toujours systématiquement décliné nos propositions, et encore une fois ces derniers jours. En conséquence, et conscients de l’importance d’avoir des relations sociales constructives et stables avec tous les syndicats représentant les salariés de SeaFrance, DFDS et Louis Dreyfus Armateurs ont décidé de ne pas soumettre une offre révisée » Nicolas Sarkozy n’a toujours rien à voir avec le jusqu’au boutisme de la CFDT.
Finalement, et si le projet de Scop n’aboutit pas, la SNCF se propose d’intégrer les salariés de Sea France. Nouveau refus, on ne veut pas déménager. Pauvres gars, en ce qui me concerne j’ai déménagé 8 fois (deux fois célibataire et six fois marié). Mais eux non, ils veulent probablement et pourquoi pas les 760 ETP à la gare de Calais. On croit rêver.
Impliquer une quelconque responsabilité de Nicolas Sarkozy dans ce dossier, c’est soit n’avoir rien compris, soit se comporter en sarkophobe stupide et primaire. Ne nous laissons pas abuser par ces hystériques.