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Les Présidents et leurs Premiers ministres (6 éme volet)

By Flamant Rose

Le 10 mai 1981 un sauveur nous a été donné. Pierre Mauroy dira que « La France était laissée en jachère depuis 23 ans ». Il est nommé à Matignon. Lyrique il déclare : » je suis l’héritier des victimes de la première révolution industrielle. Avec François Mitterrand ce sont les classes exploitées qui entrent à l’Elysée. » et encore « C’est une aube nouvelle qui se lève. Avec nous la vérité voit le jour. »

Pierre Mauroy

Sitôt en place, Pierre Mauroy explique qu’il n y a pas de crise, mais seulement une crise de l’austérité barriste imposée aux travailleurs. C’est l’euphorie. On augmente le  SMIC de 10%, les allocations familiales de 25%, l’allocation vieillesse de 20%. Mitterrand et Mauroy  vont montrer le chemin de la lumière aux patrons obscurantistes et ils ouvriront à  la nation la voie du plein emploi par la nationalisation de 39 banques et de grands groupes industriels ce qui amène Mauroy à déclarer : « C’est la revanche posthume de toutes les générations qui ont été asservies par la machine ».Et puisque dans l’inconscient collectif tout est permis on se dit qu’il faut du temps pour profiter de ce pouvoir d’achat, alors on crée un ministère du temps libre, on abaisse l’âge de la retraite et la durée du temps de travail. C’est une débauche d’étatisme, on embauche 185.000 fonctionnaires.

Puis vient le temps où il faut payer la facture. Le 13 juin 1982, c’est la douche froide. Pierre Mauroy  annonce son premier plan de rigueur. Il faut mettre un terme à cette politique. Les prix et les salaires sont bloqués, les prestations sociales et les allocations chômage vont baisser, Le franc décroche de 10% par rapport au  mark allemand.

Pierre Mauroy commence alors à avaler ses premières couleuvres et entre en conflit avec l’Elysée, mais, et il ne le sait pas encore, cela ne fait que commencer. En effet les mesures prises ne suffisent plus. Alors on va faire payer « les riches » en créant l’ISF, mais cela ne suffira évidemment pas. Comme Michel Debré en son temps, Pierre Mauroy est court-circuité. François Mitterrand reçoit en dehors de sa présence ceux que l’on surnomme « les visiteurs du soir ». Ils sont au nombre de trois : Jean Riboud, Laurent Fabius et Pierre Bérégovoy. Ce trio sera surnommé par Pierre Mauroy « bonjour le relève. »

Le 16 février 1983 Mauroy fait une déclaration sur Antenne 2 : »Les gros problèmes sont derrière nous, tous les indicateurs se remettent au vert, il n’y a pas d’autre explication à l’enragement de nos adversaires. » Les élections municipales sont catastrophiques, en moins de 2 ans Mauroy est usé. Le lendemain du second tour, nous sommes le lundi 14 mars. Mitterrand reçoit son Premier ministre et lui dit : « Vous restez, mais on change de cap.»  Mauroy demande à réfléchir. Le soir même, il donne sa réponse et c’est « non ». Les deux hommes se brouillent. Mauroy est à nouveau reçu le lendemain, mardi, et sa réponse n’a pas changé et, situation extrêmement rare, à l’Elysée, les ponts sont coupés. C’est le mercredi 16 mars que le Premier ministre rencontre le Président avant le conseil des ministres et lui indique que « S’il l’exige il se dit prêt à mettre en œuvre une politique qu’il continue de réprouver. » Il mettra alors la mort dans l’âme le plan de rigueur de 1983.

Mais entre François Mitterrand et Pierre Mauroy la procédure de divorce est engagée. En effet l’Elysée a choisi le traitement économique du chômage et Mitterrand déclare « Il faut trancher dans le vif, il faut être brutal, soyez cruels même », Mauroy est bouleversé. Les deux hommes ne sont plus en phase. Le Premier ministre présente un plan que le Président refuse d’avaliser, Mauroy est désavoué. Désormais ses jours sont comptés.

Laurent Fabius

En installant Laurent Fabius à Matignon, François Mitterrand veut surprendre et impressionner.  Pour remplacer Pierre Mauroy usé jusqu’à la corde, il lui faut choisir son contraire . il nomme donc le plus diplômé, le plus patricien, le plus introverti, le moins socialiste.

Très vite, ce nouveau Premier ministre va se révéler encombrant. Il n’entend pas se cacher derrière son ombre. Il ne veut pas être un baby Blum au pouvoir, mais plutôt un Mendes France junior. Il veut se montrer et imprimer sa marque.

Fabius est celui qui va faire le « sale boulot » c’est à dire supprimer les emplois quand la rentabilité l’exige. Face à Yves Mourousi qui l’interroge sur son impopularité par rapport à la popularité de Fabius, Mitterrand repond sans sourciller  » je suis très content de pouvoir servir de bouclier. » alors que la tradition de la V éme république veut que ce soit le Premier ministre qui serve de « fusible » au chef de l’État , la règle est inversée : le Président protège le jeune Premier ministre qu’il a donné à la France. Quand à Fabius, dés son arrivée à Matignon, il a compris tout ce qu’il pourrait tirer de l’impopularité du Président et il a pris ses distances « lui c’est lui, et moi c’est moi. » un tragique fait divers va stopper momentanément son ascension, c’est l’affaire Greanpeace. Malgré tout, le congrés de Toulouse sera un triomphe pour Fabius et Jacques Delors peut s’écrier  » Le congrés de Toulouse est un petit Bad Godenberg. » Sous l’impulsion de Fabius, le PS vient de se convertir à la sociale-démocratie. Lors de ce congrés, on aura remarqué que jamais le nom de François Mitterrand n’a été aussi peu prononcé. Ce congrés a été qualifié de « congrès de l’héritier« . On s’avançait beaucoup au PS mais on ne le savait pas encore.

Laurent Fabius va se démarquer un peu du Président lorsque celui-ci reçoit le général Jaruzelski par une porte dérobée de l’Élysée. Il avoue son trouble. Trop sûr de lui, Fabius qui se voyait déjà à l’Élysée perd pied au cours d’un débat télévisé face à Jacques Chirac en vue des élections législatives de 1986. Il s’adresse à Chirac en ces termes « Savez vous que vous parlez au Premier ministre de la France » avec un geste de la main dédaigneux et désinvolte. Chirac reprend la balle au bond  » Mais vous êtes un roquet. Cessez donc de me mordre les mollets« . La Soffres donne l’avantage à Chirac à 44% contre 24% à Fabius. Cette soirée manquée va lui coûter cher, de plus Fabius a fait de la gestion, mais aucune réforme. La gauche va être balayée aux élections législatives et Fabius sera remplacé par Jacques Chirac.

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Peut-on réformer l’enseignement ?

By Flamant Rose

Professeur de sciences physiques, depuis la rentrée 2009, Mickaël Fonton effectuait son année de stage dans l’académie de Créteil. Il a finalement choisi de démissionner. Il s’en explique dans « Valeurs actuelles« .

« En effet quitter la fonction publique en pleine crise de l’emploi peut sembler irréfléchi, mais je ne regrette pas ma décision » dit-il. Ci dessous quelques morceaux choisis.

IUFM

De ces quelques semaines, je retiens surtout un sentiment d’ennui et de vacuité. Le temps s’écoule à élaborer des réflexions, à animer des débats, à “construire la connaissance”. Les stagiaires travaillent sur des situations :  » Que faire si un élève n’a qu’une feuille et un crayon ?  » ;  » Que faire en cas de retards répétés ?  » ; « Un élève refuse d’enlever sa casquette, que lui dire ?  » ; »Une boulette m’atteint dans le dos, comment réagir ?  » ;  » Je constate qu’un chronomètre a disparu, quelle attitude adopter ? « . À l’IUFM,on adore les études de cas, quel que soit le prétexte.

Pédagogie

Les formateurs des IUFM sont fidèles aux principes généraux édictés par des chercheurs en sciences de l’éducation qu’ils citent abondamment – surtout leur maître à penser, Philippe Meirieu.  » Quand les savoirs ne sont des réponses à rien, il ne faut pas s’étonner des échecs « , ai-je entendu. Inutile de souscrire à l’idée, forcément simpliste, qu’il suffit d’apprendre et d’appliquer. C’est aux élèves de construire leur propre savoir.

Une autre séance porte sur la notion d’évaluation :  » Étaler les notes ne doit pas constituer un objectif : il n’est pas interdit d’imaginer une classe où tout le monde aurait 15 de moyenne !  » Et un peu plus tard encore :  » Si un élève obtient la note de 2, mettez-lui 6, ça évitera de l’enfoncer, ça lui donnera l’espoir qu’il peut y arriver.  » Ou encore cette phrase, à la limite de l’absurde :  » Évitez les questions auxquelles l’élève ne pourra pas répondre s’il ne connaît pas la réponse… » enfin s’il peut être bloqué par l’ignorance d’un terme ou d’une formule… » Somme toute, la règle est simple :  » L’évaluation doit être valorisante pour l’élève. « 

Collègues

Lorsqu’il arrive, le stagiaire est en général bien entouré. Les conseils sont assez simples :  » Ne laisse rien passer  » ;  » Sois impitoyable  » ; « Au moindre problème, tu me l’envoies ! Je vais le pourrir « , etc. Ces propos autoritaires, voire violents, me laissent songeur. Les professeurs seraient-ils devenus des adeptes de la discipline la plus stricte ? Non. Sauf exception, les profs sont pour l’autorité, mais au cas par cas, pour “gérer”le quotidien, c’est tout. Une politique éducative prônant officiellement le recours à la sévérité reste mal vue : la salle des profs est tapissée de plaisanteries visant Nicolas Sarkozy ou les dernières réformes de Xavier Darcos ou Luc Chatel.

Discipline

Mon établissement était classé en “prévention violence”, ce qui signifie que la violence n’est pas là mais qu’elle n’est pas loin. D’une certaine façon, j’ai eu de la chance : en Zep (zone d’éducation prioritaire), c’est pire. J’ai donc eu affaire à des élèves  » pénibles mais pas méchants « , mais qu’il faut constamment rappeler à l’ordre – sans en faire trop,pour ne pas leur donner trop d’importance (sinon, nous dit-on en formation,  » c’est vous qui, finalement, aurez perturbé la classe « .

Niveau

Devant l’inculture de mes élèves de quatrième (de 13 à 15 ans), je me suis posé dix fois la question : mais que font les instituteurs ? Voilà des élèves qui sont incapables d’écrire deux lignes sans faute, de faire des phrases cohérentes à l’oral, qui ne savent pas se concentrer, dont on ne peut rien exiger sur la durée. Leur demander une recherche personnelle ? Les trois quarts d’entre eux vont se borner à faire des copier-coller de ce qui leur tombera sous la main sur Internet.Leur capacité d’initiative ? On attend encore. Leur curiosité ? Rien ne les intéresse.

Être prof dans ces conditions-là donne l’impression de participer,à son corps défendant, à un vaste processus de destruction, ou à la parodie d’un métier que personne n’osera plus qualifier de plus beau du monde.

Fin des extraits

Que penser ?

Après avoir lu cet interview tout à fait édifiant d’un jeune professeur qui a choisi de démisionner, on est droit de se poser des questions sur l’avenir de l’Education nationale.

Pour moi il n’a aucun doute, il faut faire un pacte républicain. Depuis des décennies les ministres se succèdent et, dés qu’il y en a un qui lève le petit doigt pour dire « je vais faire une réforme » c’est le branle-bas de combat. Je n’étais pas enseignant mais d’après ce que j’au pu lire ou entendre (y compris dans ma famille dans laquelle il y a deux enseignantes : Une prof de philo classes de première et terminale et une prof d’histoire-géo classe de troisième, seconde et première). Il m’apparaît qu’il y a trois causes essentielles

1 ) La sur-enchère syndicale a fait énorméméent de mal à l’éducation nationale en figeant les choses et en considérant que l’EN appartient aux syndicats d’enseignants.

2) La non acceptation de voir la réalité qui est que la démographie scolaire a baissé depuis de nombreuses années c’est à dire qu’il y a moins d’enfants dans les écoles. D’ailleurs le prof démissionnaire dit que c’est plus le manque de disciple que le nombre d’éléves par classe qui pose problème.

3) Les enseignants ne sont plus considérés et comme de plus ils sont mal payés on en voit qui dépriment parfois de façon grave. Je me suis laissé dire qu’en région parisienne il ya des maisons spécialisées qui accueillent les plus déprimés d’entre eux.

De plus il y a un public (les éléves) de plus en plus difficile à tenir dans certains zones françaises. Les profs s’estiment déconsidérés et s’ils font ce travail c’est parce qu’ils sont payés pour, même mal, mais dans les faits ils s’occupent d’autres choses qui n’ont rien à voir avec leur métier d’enseignant. .

Pourtant, il y a deux aspects à voir. Le premier concerne une mesure qui ne passe pas dans « l’opinion » c’est la suppression d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et pas spécialement en ce qui concerne les enseignants d’ailleurs, c’est la même chose dans les hôpitaux. Le problème est qu’ il s’agit d’ une mesure qui fédère le peuple de droite très favorable à Sarkozy, mais pour les autres il y a un doute concernant les conséquences de ces suppressions et même le périmètre de l’État ainsi que sur la manière dont on peut exercer les missions de l’État. Le second aspect concerne le rôle des enseignants et la façon dont ils se sentent considérés ou non considérés. Ils ont le sentiment que de plus en plus de missions leur sont fixées par l’État et même par les parents qui se déchargent de leurs responsabilités en leur demandant non seulement de leur fournir de l’enseignement mais également de l’éducation mais le retour n’est pas vrai.

Les Français ont un regard assez précis sur les enseignants. Ils vont les trouver parfois autoritaires, un peu absents, ils pensent que le niveau n’est pas suffissant, mais en aucun cas ils ne leur jettent la pierre et ils ne considérent pas qu’ils ne sont pas à la hauteur tant et si bien que l’on a un regard à l’égard du métier d’enseignant qui aujourd’hui se rapproche beaucoup plus du sacerdoce qu’une d’une mission ou d’ une activité professionnelle. L’ensemble des Français pense qu’en aucun cas il n’aimerait faire ce métier parcequ’il est aujourd’hui beaucoup trop dur.

Il y a une chose que l’on ne souligne pas assez c’est que lorsque l’on embrasse ce métier c’est pour tansmettre son savoir, ( l’inverse de la méthode Mérieu), c’est pour avoir devant soi des éléves que l’on veut captiver, c’est comme lorsqu’on anime une émission de télévision où que l’on prend la parole lors d’un congrès, il faut captiver son auditoire et c’est loin d’être facile. Le problème est que les enseignants surtout au collége passent la moitié de leur temps à faire de la police ou à faire autre chose que cette transmission de savoir. Roger Crucq souligne bien un des problèmes des enseignants  » Les profs sont en première ligne : sur leur estrade, six ou sept heures par jour, ils prennent de plein fouet la violence de la société. Dans le petit monde de l’école, tout est amplifié. » En plus comme les programmes les ont un peu déstabilisés parce que cela change sans arrêt il y a là un problème majeur. Il faut donc revaloriser le statut de l’enseignant et l’on est en droit de penser que faire des réformes tout en revalorisant ce métier n’est pas incompatible

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6

Et si les scientifiques avaient menti ?

By Flamant Rose

Rappelez vous, il n’y a pas si longtemps (le 27 décembre)  j’avais mis en ligne un document qui allait contre les idées reçues à savoir que le réchauffement climatique serait d’origine humaine. En effet je fais partie des climato-sceptiques. Je vous invite à lire cet article paru dans la tribune. j’aime bien le titre. La tribune aurait pu titrer « Et si les scientifiques s’étaient trompés ». Elle a choisi le titre « Les scientifiques ont-ils menti « . Et oui… C’est ce que je dis dans mon document.

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5

Les Présidents et leurs Premiers ministres (5 éme volet)

By Flamant Rose

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Il ne fait aujourd’hui plus de doute que le quinquennat a considérablement présidentialisé le régime et ce, au détriment du Premier ministre. Le journaliste « Alain Duhamel » a parfaitement analysé les choses. Nicolas Sarkozy n’agit pas seulement en chef d’Etat, mais aussi en chef de gouvernement. Le programme du ministère Fillon est le programme présidentiel jusque dans ses moindres détails. Le Président préside et gouverne. Il détermine l’ordre et l’orientation des réformes. Il surveille leur mise en oeuvre. Il commente en public et assume sans hésitation leurs résultats, bons ou mauvias. Bien des choses se traitent directement au palais de l’Elysée, entre le Président, ses conseillers et les ministres concernés. Mais nous avons vu que sous la présidence du général de Gaulle il y a eu des situations identiques. Le Général traitait avec Georges Pompidou alors que le Premier ministre était Michel Debré.  Parfois Nicolas Sarkozy ne fait pas autre chose.

Alain Duhamel fait bien ressortir que Nicolas Sarkozy et François Fillon avaient la même position sur le sujet. Nicolas Sarkozy a décrit sa conception des institutions dans son livre « témoignage » et François Fillon dit partager cette conception dans « la France peut supporter la vérité. »On peut donc supposer que les deux hommes sont d’accord sur la présidentialisation de la pratique politique et cela même si Fillon vit ou a vécu parfois difficilement certaines situations.

Il y a quelques temps Sarkozy réunissait de temps à temps les sept ministres qu’il considérait comme les plus actifs et les plus efficaces en politique pour coordonner leurs actions. Le Premier ministre n’assistait pas à ces réunions. Duhamel dit que il n’est donc pas exagéré de dire que jamais la V éme République n’a été aussi présidentialisé. Je réfute bien évidemment cette façon de voir les choses. En effet cette situation n’est pas inédite car de Gaulle l’a pratiquée à plusieurs reprises.

Le collaborateur

Nicolas Sarkosy a employé l’expression de « collaborateur  » en parlant de son Premier ministre. Il s’est défendu par la suite d’avoir tenu de tels propos. En fait, il n’a jamais qualifié Fillon de collaborateur dans une déclaration officielle, c’est vrai. Mais il l’a dit lors d’une conversation, devant une dizaine de journalistes. Et alors, pourquoi aurait-il honte ? Pourquoi les journalistes ont relevé cette expression. Je l’ai dit dans le premier volet de cette série, cette situation n’est pas inédite. Je redis les propos du général de Gaulle au sujet de son Premier ministre  » Qu’est ce qu’un premier ministre, sinon le directeur de cabinet du président de la République. » Puis lorsque Pierre Messmer a été à son tout Premier ministre dans la famille gaulliste tout le monde admettait que le Premier ministre ne soit q’un lieutenant ou du moins le premier des ministres, sans plus. Alors pourquoi a t-on été choqué lorsque Nicolas sarkozy a employé le terme de « collaborateur. » Encore une fois cette situation si décriée aujourd’hui s’est déjà produite et il me paraît indéniable que beaucoup de journalistes devraient revoir l’histoire de la Véme République avant de parler de situation inédite.

Epilogue

Voilà l’histoire sous la Véme République des relations entre les Présidents et leurs Premiers ministres dits de droite. La gauche n’a pas été en reste. Si tout allait bien entre François Mitterrand et son premier Premier ministre Pierre Mauroy, la fin a été pour le moins cahotique voire très difficile. Quand au binôme Mitterrand / Rocard on peut légitimement se demander si cela n’a pas été pire que Giscard / Chirac. Aujourd’hui l’exécutif est composé de Nicolas Sarkozy et de François Fillon. Très honnêtement je le mettrai parmi les couples de l’exécutif les plus calmes et parmi ceux qui se sont le mieux entendus même si comme dans tous les couples il ya des hauts et des bas. A droite, celui qui a le plus mal fonctionné est sans conteste le duo Giscard / Chirac. Pour le reste chacun se fera son propre jugement.

fév

4

Les Présidents et leurs Premiers ministres (4 éme volet)

By Flamant Rose

Le 7 mai 1995, Jacques Chirac est élu avec 52,60 % des voix sur son adversaire socialiste Lionel jospin. Le 17 mai au soir, à l’issue de la passation des pouvoirs à l’Élysée, Alain Juppé est nommé Premier ministre. Depuis plusieurs semaines il apparaissait comme la candidat naturel à Matignon. En effet le tandem Chirac / Juppé a été aguerri par des années de combat : la fronde de Pasqua et Seguin, les jeux subtils de la cohabitation avec François Mitterrand, la candidature d’ Edouard Balladur à l’élection présidentielle.

Alain Juppé

Le 15 novembre 1995 le Premier ministre présente à l’Assemblée nationale sa réforme de la sécurité sociale. Les dix neuf régimes d’assurance maladie seront remplacés par une régime universel. L’Etat et les caisses nationales seront tenus de passer des conventions d’objectifs sur la base de décisions votées par le Parlement. Enfin un projet de révision constitutionnelle permettant au parlement de fixer les ressources financées par l’impôt et la progression des dépenses de protection sociale est prévu l’année suivante. Ces mesures doivent doter la France d’un système plus efficace.

Cette réforme entrainera des manifestation géantes et le 15 décembre ce sont près de deux millions de personnes qui défilent dans tout le pays contre « le plan Juppé« . Cette réforme était nécessaire, mais la faute d’ Alain Juppé est de l’avoir préparée dans le plus grand secret. Même les ministres concernés n’ont pas été informés, l’administration de la sécurité sociale a été ignorée et les syndicats tenus à l’écart. Une erreur de comportement que reproduira Dominique de Villepin quelques années plus tard avec le CPE.

Pour respecter le calendrier européen, le pouvoir ne peut qu’annoncer de nouvelles mesures de rigueur. Mais l’opinion, marqué par la grande grève de 1995, les acceptera t-elle ? Sous la pression de Dominique de Villepin , Jacques Chirac incite Alain Juppé a faire le pari qu’une nouvelle onction du suffrage universel fera passer cette ponction amère. De Villepin pousse à la dissolution car un sondage donne le maintien de la coalition RPR-UDF. Seuls quelques ténors Pierre Mazeaud, Philippe Seguin, Alain Madelin, désapprouvent cette « dissolution de confort« . Ce scénario dicté par une fausse habilité est une vraie crise selon le Monde. Il avait négligé deux paramétres : l’impopularité grandissante d’Alain Juppé et le goût modéré des français pour les élections inopinées. Avec en plus de nombreuses triangulaires dues à la présence du Front nationale les élections seront perdues. Et jacques Chirac devra nommer Lionel Jospin, premier secrétaire du PS à Matignon.

Les différents Premiers ministres qui ont travaillé avec Jacque Chirac qu’ils soient dans sa majorité comme Alain Juppé ou dans l’opposition comme Lionel Jospin, ont montré combien le président de la République les avaient laissés très libres dans leurs décisions, quitte à se décharger de toute responsabilité :  » Rétrospectivement, je finis pas me demander si cette liberté n’était pas même trop grande. Il aurait sans doute dû me cadrer davantage « , conclut Alain Juppé.

En 2002, le PS n’est pas représenté au second tour de l’élection présidentielle. Jacques Chirac affronte Jean Marie Le Pen. Il est brillament réélu et refuse de faire un gouvernement d’ouverture.

Jean Pierre Raffarin

Jacques Chirac le nomme le 6 mai 2002 Premier ministre. Il y aura trois gouvernements Raffarin. C’est hélas un homme totalement insignifiant. Combien de fois des collaborateurs de Chirac sont venus le voir pour demander la tête de raffarin « Il faut vous en débarrasser, il vous plombe »  » vous ne pouvez pas continuer avec lui, c’est une spirale infernale, il n’a plus aucune autorité » ou encore  » ce n’est pas un bouclier, c’est un nid d’emmerdements« . Fauté d’autorité, de nombreuses difficultés ont dû être réglées par Sarkozy. On a alors parlé d’un axe Raffarin-Sarkozy ce dont ne voulait pas Chirac. C’est alors que l’AFP a reçu une dépêche  » A l’Élysée, on affirme qu’il n’y a pas l’ombre d’un problème entre le Président et le Premier ministre et on ne croit pas à l’existence d’un axe Raffarin-Sarkozy dirigé contre le chef de l’État« .

Jean Pierre Raffarin a survécu aux élections régionales de mars 2004. Il était prêt à remettre sa démission, mais Chirac lui a demandé de tenir. Il va l’user jusqu’à la corde. Le Président a soutenu son Premier ministre « ce ne sont pas des élections régionales qui décident du choix d’un Premier ministre« . En effet pourquoi changer d’homme si on ne change pas de politique plaident les conseillers de Chirac. Ce qui n’empêchera pas le président de désavouer nombre de mesures prises par Jean Pierre Raffarin.En fait, une raison et une seule justifie que Chirac maintienne Raffarin à Matignon : pas de Sarkozy. Le Premier ministre doit donc tenir. Et il tiendra jusqu’au 31 mai 2005.

Dominique de Villepin

le jour même de la démision de JP Raffarin , Dominique de Villepin va lui succéder. C’est un homme qui supporte mal la contradiction et qui cherche à instrumentaliser les gens. De plus, même s’il paraît très poli et posé devant les médias c’est quelqu’un de grossier. Dés son arrivée à Matignon, il se fixe un objectif : l’emploi. Il va se faire passer pour le père du contrat nouvel embauche (CNE). En réalité c’est faux, puisque le CNE est l’oeuvre de l’ancien président des experts comptables, René Ricol. Puis il va créer le fameux CPE et sur ce sujet à force de vouloir tirer la couverture à lui, de tout faire dans son coin, les ennuis ne vont pas tarder. C’est ainsi que la veille de l’annonce du CPE son directeur de cabiner Bruno Lemaire lui demande s’il en a parlé aux syndicats et de Villepin de répondre « inutile « . Il va commettre une grossière erreur. Il avoulu légiférer sur le droit du travail alors même qu’on ne peut le modifier que par ordonnances. Lorsque les événements commencent à mal tourner et qu’on lui demande de suspendre la loi il aura cette fabuleuse réponse « Qu’est ce que ça veut dire, suspendre une loi ? Ce n’est pas un self-service, la République« . Face à la contestation Jacques Chirac va le déssaisir du dossier au profit de Bernard Accoyer et Josselin de Rohan les présidents de groupe à l’AN et au Sénat. De Villepin s’est considéré alors comme trahi par le président de la République.

Face à son échec de Villepin se montre à la fois méprisant et hautain. Il traduit son échec par cette métaphore « J’évalue mon échec à l’aune de l’expérience que j’ai acquise, qui est immense. Les sondages , je ne les regarde jamais. C’est comme une régate : on voit un bateau s’éloigner, on se demande ce qu’il fait et hop, il double tout le monde. »

Le CPE n’était pas une mauvaise idée, loin s’en faut. Mais de Villepin à voulu jouer en solo pour s’attribuer la baisse du chomage qui se profilait. Les syndicats court-circuités n’ont pas voulu jouer le jeu et les parlementaires insultés ne l’ont pas suivi.

Villepin a commis une autre erreur envers son parti l’UMP. Profitant de l’accident cardio-vasculaire du Président Chirac, il a voulu s’affirmer trop vite lors du congrés de l’UMP à La Baule en 2006. Cela l’a désservi dira plus tard le député villepiniste Hervé Mariton.

Peu à peu et de manière insidieuse, une fêlure s’installe entre Chirac et Villepin qui ressent alors pour la première fois une vraie déception à l’égard de son mentor, estimant qu’il l’a lâché. Le dialogue avec Chirac n’est pas rompu, mais il n’est plus aussi confiant, et Villepin parle de l’Elysée comme d’une terre étrangère. En fait Villepin est très mal sorti de la crise du CPE.

 

fév

3

Les Présidents et leurs Premiers ministres (3 éme volet)

By Flamant Rose

Jacques Chirac 

C’est dans son bureau de la rue de Rivoli que le nouveau président de la République Valery Giscard d’Estaing  reçoit Chirac pour lui proposer le poste de Premier ministre. Celui-ci ne le souhaite pas et il  lui dit que s’il l’a soutenu c’est uniquement pour faire battre François Mitterrand

Chirac a réussi un coup politique risqué. Il a fait élire un anti-gaulliste avec les voix gaullistes, mais il est à ce moment tout à fait conscient que son image risque d’être écornée. S’il accepte le poste de Premier ministre, les français et les gaullistes en particulier pourraient y voir une récompense pour trahison. Cette hypothèse ne tient pas, d’ailleurs dés le soir de la mort de Georges Pompidou il a tout fait pour que Messmer soit candidat. Face au refus et par fidélité à Pompidou, il a joué Giscard par conviction politique. En effet à ses yeux Chaban « gauchissait le gaullisme ». Donc, en fait en acceptant finalement d’être Premier ministre, Chirac ne recueille pas le prix de sa trahison, mais il prend son dû.

Un anti-gaulliste à l’Elysée, un gaulliste à Matignon, un Président que les circonstances obligent à prendre un Premier ministre qui n’est pas son choix premier, un Premier ministre qui accepte la fonction pour maintenir le gaullisme à la tête de l’Etat. Dés le départ tout est en place pour que le couple de l’exécutif  divorce peu après le mariage.

Pour la première fois sous la Véme République, le nouveau Premier ministre a demandé un vote dans lequel il engageait la responsabilité de son gouvernement. Une telle démarche était contraire à l’esprit des institutions depuis l’élection du Président au suffrage universel. Pompidou l’avait refusée quand il avait été nommé Premier ministre. Le vote aura donc lieu et Chirac obtient l’investiture par 297 voix contre 181. Cette attitude de Chirac a toute son importance car elle marque dés le départ que le couple n’est pas uni. Chirac a voulu montrer que s’il a été désigné par Giscard, c’est quand même lui, le gaulliste, qui tient la majorité au parlement.

Le président de la République réplique dans une déclaration sidérante à Paris Match » nous nous trouvons dans un des rares cas où la majorité présidentielle et la majorité parlementaire coïncident ». Or c’est au contraire la première fois depuis le début de la Véme république que ces deux majorités ne coïncidaient pas et toute l’incohérence des deux années à venir allait en découler. Giscard attendra trois ans pour déclarer, le 9 mai 1977 à l’Express « La majorité parlementaire que j’ai trouvée était antérieure à mon élection et ne coïncidait ps avec elle. »

Les relations entre le Président et son Premier ministre ne font que s’envenimer. Jacques Chirac est hostile au plan de redressement proposé par Jean Pierre Fourcade le ministre des finances. Quand Giscard demande à Chirac de présenter lui-même ce plan à l’Assemblée le Premier ministre refuse et sa réponse fuse « C’est à Fourcade de parler, le plan économique porte son nom, c’est à lui de le plaider. »

Le danger pour les gaullistes vient de Poniatowski, le plus anti-gaulliste des giscardiens et qui devant ses amis RI et centristes déclare ; »maintenant, il faut casser l’U.D.R. Chirac va s’en charger. » Chirac a eu connaissance de cette déclaration et l’U.D.R également. Chez Ponia  l’anti-gaullisme était épidermique depuis 1958. Mais depuis quelques années et a fortiori depuis l’élection de Giscard cet anti-gaulliste s’appuyait sur la conviction politique que le giscardisme naissant pourrait permettre de créer un grand centre et centre-droit.

Puis vint le 8 mai 1975. Versant à son tour dans l’anti-gaullisme primaire et provocateur, Giscard décide qu’on ne célébrera plus le 8 mai, date anniversaire de la victoire de 45. La guerre est alors sans pitié. En janvier 1976 de retour de week-end, Chirac apprend que son gouvernement est passé de 32 à 43 ministres et que parmi eux figure un ennemi juré des gaullistes  Jean Lecanuet dont le seul fait d’arme est d’avoir provoqué le ballotage du général de Gaulle en 1965. Chirac fait alors savoir à Giscard qu’il n’a pas l’intention de rester dans ces conditions.

Le bouquet surviendra à Brégançon, résidence d’été du chef de l’Etat. Le couple Chirac sera humilé, traité comme n’importe qui. Chirac ne pardonnera pas et le 4 juillet 1976 il envoie une lettre manuscrite de démission que le Président refuse en lui demandant d’attendre un peu. Le 26 juillet Chirac envoie une seconde lettre. Cette fois Giscard accepte tout en lui demandant d’en différer l’annonce jusqu’au prochain Conseil des ministres du 26 août.

Raymond Barre

Le soir même Raymond Barre « l’anti-Chirac » est nommé Premier ministre. Il va recevoir du Président tout ce que ceui-ci a refusé à Chirac. Raymond Barre va valider le plan anti-inflation que Chirac avait proposé au Président. Pour cela il va reprendre 12 des 15 propositions de celui qui est devenu l’ancien Premier ministre.

Giscard et Barre vont s’entendre pour barrer la route de la mairie de Paris à Jacques Chirac. ce sera un cuisant échec. Au premier tour Chirac va battre Michel D’Ornano le candidat Giscard-Barre et sera élu au second face au communiste Fizbin. Entre Giscard et Barre ce sera l’entente cordiale sur le dos de l’UDR et de Chirac. Cette attitudede l’exécutif, il va la payer chère, très chère, l’UDR va en effet obligé a dix reprises Raymond Barre à engager la responsabilité de son gouvernement.

En accord avec le Président, Raymond Barre pratique une politique de rigueur consécutive aux deux chocs pétroliers. Il crée l’emprunt qui porte son nom, dont le taux paraît avantageux à 8,8%. Hélas l’inflation galopante démontrera le contraire. Raymond Barre va devenir tellement impopulaire que VGE sera obligé de l’écarter de la campagne électorale pour les élections présidentielles de 1981.

Dans son livre « Président / Premier ministre : les relations tumultueuses du couple exécutif » Raphaël Bacqué qualifie le couple Raymond Barre / Giscard : le couple tranquille. Ils se sont plutôt bien entendus. Tous deux ont travaillé dans un respect mutuel. Dans son témoignage, l’ancien Premier ministre donne l’impression de s’attribuer des bons points en affirmant que le Président avait de l’estime pour lui quand  » par trois fois, il l’a confirmé dans ses fonctions « . La première fois, c’était au lendemain des élections législatives de 1978, alors qu’il était prévu que Raymond Barre cède sa place, Valéry Giscard d’Estaing le renomma Premier ministre. La deuxième fois, c’était en 1979, alors que les députés souhaitaient son départ, il fut défendu par le Président. La troisième fois, en 1980, tandis qu’il s’attendait à démissionner, après quatre ans au poste de Premier ministre, Giscard lui confirma son souhait de le garder à la tête du gouvernement jusqu’à la fin de son mandat. Et Raymond Barre d’affirmer : «  j’en tire la conclusion qu’il avait tout de même confiance en moi « .

fév

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Les Présidents et leurs Premiers ministres (2éme volet)

By Flamant Rose

Le 15 juin 1969, Georges Pompidou succède au général de Gaulle. Son mandat sera interrompu par sa mort le 2 avril 1974. Aucours de ces années, il fera appel a deux Premiers ministres : Jacques Chaban Delmas et Pierre Messmer.

Jacques Chaban Delmas

Pompidou est celui qui a le plus longtemps exercé la fonction de Premier ministre, il connaît donc bien le poste. Avec Chaban Delmas il va convenir des méthodes de travail propres à prévenir les difficultés inhérentes au partage des tâches. Pompidou sera enclin à suivre de près les affaires de l’État quand il ne les précédait pas. En dehors des Conseils des ministres et des cas d’urgence, les deux hommes se rencontraient deux fois par semaine le lundi et le vendredi pour à peu près une heure de conversation..

Dés sa prise de fonction, Chaban Delmas va commettre une erreur. Il a omis de prescrire à son cabinet de faire parvenir un exemplaire du discours, concernant sa politique générale, au président de la République. C’était d’autant plus inconvenant qu’il avait carte blanche pour exprimer sa pensée et ses projets. On lui en fit l’observation à la dernière minute à la suite d’un appel discret de l’Élysée. Cet oubli, facheux, mais innocent, fut à coup sûr présenté comme le signe d’une désinvolture inquiétante.

Ces contrariétés entrèrent pour peu dans la décision du président de la République de refuser la nouvelle société en tant qu’objectif central, vecteur de l’action gouvernementale et, le moment venu, plate-forme électorale. Décision redoutable, qui entraîna de graves conséquences, dont certaines n’ont pas fini de se faire sentir. Si Georges Pompidou avait adhéré à la nouvelle société, apporté à la soutenir, le poids de son influence et de la confiance que lui faisaient les Français, toutes choses eussent été différentes par la suite.

Les deux hommes ont eu sur ce sujet qui tenait à coeur à Chaban Delmas d’importants diférents. Quelques semaines après le discours du 16 septembre, Pompidou signifia à son Premier ministre qu’il était exclu que la nouvelle société figurât à l’ordre du jour, ajoutant qu’il n’était pas là pour faire rêver les Français. Pompidou s’est adressé à Chaban Delmas en ces termes  » Laissez tranquile votre nouvelle société, personne n’y croit; vous rasez tout le monde. »

Pompidou considérait tout de même que son Premier ministre s’acquittait convenablement de sa tâche et qu’en conséquence, ils feraient ensemble les élections législatives.

Ce projet de nouvelle société , Chaban Delmas l’a toujours trainé comme un boulet. Pierre Juillet et Marie France Garaud éminences grises de Georges Pompidou en furent les pires adversaires. Par la suite Chaban Delmas commis une autre erreur, celle de nommer Pierre Desgraupes à la tête de l’information de l’ORTF ( c’est une longue histoire) . Il estime avoir fait l’objet d’une véritable conjuration qui le poussa au départ le 5 juillet 1972. Comme à chaque fois, et cela n’a pas changé, le président de la République, qui avait eu ses raisons pour le désigner, en avait d’autres pour s’en séparer.

Pierre Messmer

Il succède à jacques Chaban Delmas et nommé Premier ministre dés le 6 juillet. Ce n’est un secret pour personne que c’est Pierre Juillet qui a inspiré la liste du gouvernement Messmer. A la phase d’ouverture voulue par Chaban va succéder une phase de rétractation progressive certainement activée par la maladie qui emportera le Président moins de deux ans après. Dans la famille gaulliste tout le monde admettait que le Premier ministre n’était plus q’un lieutenant ou du moins le premier des ministres, sans plus ? Confirmant ainsi ce qu’avit dit de Gaulle en 1962  » Qu’est ce qu’un premier ministre, sinon le directeur de cabinet du président de la république. » a cette époque Jacques Chirac qui venait d’être promu au ministère de l’agriculture a déclaré « je suis favorable à une évolutuion vers un régime présidentiel. » Olivier Guichard dit la même chose sous une forme différente. Contrairement à beaucoup, Pierre Messmer conscient de ses capacités saura néanmoins limiter ses ambitions. Il va collaborer avec un Président dont on vient de décéler la maladie. Les médecins ont au printemps 1972 diagnostiqué la maladie de Hahler, sorte de leucémie, de cancer du sang, mal connue et dont l’évolution est imprévisible.

Les législatives de 1973 sont attendues avec inquiétude par la majorité qui sait qu’elle va perdre des siéges par rapport à la marée de 1968. Pourtant cela se passe relativement bien , elle perd bien entendu des députés mais avec 263 sièges alors qu’il en fallait 245, elle garde une nette avance et conserve la majorité.

Comme le veut la tradition , au lendemain de toutes législatives, Pierre Messmer remet la démission de son gouvernement au Président et les rumeurs vont bon train notamment à propos de Chirac mais Messmer est reconduit.pour trois ans avec la fin du mandat présidentiel. En fait il sera reconduit pour un an avant que la mort n’emporte Georges Pompidou, mais on ne le sait pas encore, même si le Président est de plus en plus faible.

Pierre Messmer jouera un rôle important voire majeur à la suite du décés du Président en refusant de se présenter à la fonction suprême. Le consensus aurait pu se faire sur son nom, sans lui ce sera la déchirure gaulliste et l’élection de Valery Giscard d’Estaing. Mais c’est un autre sujet.

fév

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Les Présidents et leurs Premiers ministres ( 1er volet)

By Flamant Rose

Le général de Gaulle a, entre le 8 janvier 1959 premier jour de la V éme république et le 16 juin 1969 fait appel à trois Premiers ministres: Michel Debré, Geoges Pompidou et Maurice Couve de Murville.

Michel Debré

Michel Debré était un homme qui ne laissait pas de répit à qui que ce soit, pas même à lui même. Un ministre le surnomait « le pion« . Le Général appréciait d’avoir à ses côtés un homme qui avait envie d’entreprendre et de tout contrôler. Malgré tout, il arrivait souvent au Général de convoquer un membre du gouvernement pour lui donner des instructions sans que le Premier ministre fût présent, Ce qui créait une certaine « crispation« chez Debré.

Les premières « bisbilles » entre les deux hommes ont commencé en novembre 1960 lorsque le Général a décidé de confier certaines affaires à l’un de ses compagnons Louis Joxe avec le rang de ministre. Le Premier ministre a alors laissé échapper un mouvement de chagrin ou de révolte. Les relations s’enveniment et le 16 janvier 1961 à 5 heures de l’après-midi, Michel Debré offre sa démission que de Gaulle refuse. Cette première crise sera suivie de beaucoup d’autres tout au long de l’année 1961. Debré propose sa démission à plusieurs reprises et, à chaque fois suggère au Général de prendre Pompidou. Début 1962 le Général a alors cette répartie je cite « Qu’est ce qu’un Premier ministre, sinon le directeur de cabinet du Président de la République . » Pour ramener à l’actualité on voit bien que  de Gaulle considérait déjà son Premier ministre comme un collaborateur et ceux qui, aujourd’hui, se réfèrent au Général devraient bien apprendre leurs leçons avant de porter des jugements péremptoires. A la suite de l’affaire algérienne, Debré donne des signes de fatigue. Il ignore les tractations menées par Pompidou et par de Gaulle. C’est début avril 1962 qu’il est informé . Il ne dira rien du Général, mais a propos de Pompidou il dira en soupirant  » Moi qui lui ai toujours fait confiance. » le 8 avril 1962 les français approuvent la fin de la guerre d’Algérie. Le 9 dans l’après-midi de Gaulle reçoit longuement son Premier ministre. L’entretien est difficile et de Gaulle récapitule les nombreuses démissions de Debré. Il lui dit  » Il faut que les Français cessent d’associer votre nom au drame que nous venons de vivre« . Debré est livide. De Gaulle avait beaucoup d’estime pour lui, il souhaitait le garder en réserve mais sur un malentendu Debré ne se résignera pas à « prendre du champ. » Pompidou regarde partir Debré. Conbien a-t-il vu de gaullistes ainsi sacrifiés d’un geste ? La loi politique est sans pitié. Et celle de l’Etat. Et celle du Général.

Cette image d’un homme seul , accablé de chagrin, gardant pour unique honneur le souvenir de ses souffrances, Pompidou ne l’oubliera pas. La « tragédie » de Debré, il fera tout pour ne jamais la vivre. Pourtant il ne sait pas encore que lui aussi…

Georges Pompidou

Georges Pompidou, avant même d’être Premier ministre, avait des relations privilégiées avec le Général. Lorsque de Gaulle s’interrogeait que ce soit sur Debré, sur les ministres ou sur la majorité, il recevait Pompidou pour lui faire part de ses doutes. Quand il voulait se séparer d’un ministre ce n’est pas à Debré le premier d’entre eux auquel il faisait appel mais à Pompidou à qui il demandait de lui proposer un nom. Lors de la nomination de Louis Joxe , Pompidou avait été mis dans la confidence. Pour remplacer Debré, de Gaulle voulait comme Premier ministre quelqu’un disait-il  » de l’extérieur« , n’ayant pas grandi dans le sérail politique, n’appartenant à aucun clan, aucune Chapelle. Le général de Gaulle en fait son Premier ministre le 14 avril 1962. Si avec treize ans de vie parlementaire Michel Debré pouvait tout contrôler, ce n’est pas le cas de Georges Pompidou. Délibérément, il laisse certains ministres traiter de leurs affaires avec le Général. Beaucoup ont trouvé ses débuts médiocres, mais cela fait partie de la légende. En fait de nombreux députés qui ne pouvaient rien contre de Gaulle se vengent sur « l’intrus. » Pompidou se rend vite compte que la vie d’un Premier ministre, c’est d’arbiter inlassablement des conflits secondaires, entendre des doléances interminables et de subir les durs feux de la rampe.

Dés qu’il est nommé à Matignon, ses relations avec le Général changent. Avant, il venait à l’Élysée une fois par mois, n’ayant rien à demander ni à dire. Devant son visiteur, de Gaulle pouvait s’abandonner à des confidences personnelles, railler un ministre. Il s’exprimait en toute liberté, devant un homme libre. Maintenant, Pompidou appartient à l’État. Le Général, quelle que soit son humeur, doit avoir chaque semaine quatre entretiens avec le Premier ministre.

Entre de Gaulle et Pompidou les rapports changent. Ils deviennent des rapports de « fonction. » le Président de la République a son domaine propre, le Premier ministre a le sien. La frontière est bien établie.

Pompidou sera reconduit plusieurs fois pour assurer la fonction de Premier ministre. Les deux hommes vont finalement se brouiller à la suite de l’affaire Markovic. Je vous invite donc à lire ce document que j’ai écrit il y a un peu plus d’un an.

Maurice Couve de Murville

Le 10 juillet 1968, Maurice Couve de Murville est nommé Premier ministre. Il succède à Georges Pompidou qui sera beau joueur en disant  » une seule chose me console, c’est que l’on ait mis Couve à ma place. » Couve de Murville lui, énumère les difficultés qui vont s’amonceler dés la fin de l’été. C’est à ce Premier ministre que de Gaulle fixera deux séries de textes : un projet de loi sur la participation dans l’entreprise, qui devait être déposé au parlement avant la fin de l’année; un projet de référendum relatif, d’une part, à la fusion du Sénat et du Conseil économique et social en une assemblée, de l’autre, à la création de Conseils régionaux menée de pair avec une éventuelle réforme de l’administration municipale. Le nouveau Premier ministre a accepté sans plaisir apparent une succéssion hypothéquée. Il aurait préféré laisser Pompidou assurer quelques mois les conséquences de la crise, puis trouver à Matignon un bilan équilibré, comme son prédécesseur six ans plus tôt. Couve de Murvile est un rigoriste comme tous les protestants cévenols qui ont eu des camisards parmi leurs ancêtres. Il a toujours été un grand serviteur de l’État. Le Premier ministre va maintenir l’équipe dont il hérite, mise à part Edgard Faure qui va changer de portefeuille et hériter de l’Education nationale. Pas question de faire entrer Giscard d’Estaing, lui qui avait trahi le Général. Couve de Murville faisait partie de ceux qui pensait que le référendum voulu par de Gaulle serait particulièrement difficile. Aussi en tant que Premier ministre, il a tout fait pour en retarder l’échéance. Il ne parviendra jamais à véritablement s’installer dans le fauteuil de chef de la majorité. L’argent manque et il est décidé d’augmenter les droits de succession ce qui provoque une tempête chez les gaullistes. Elle finit par atteindre le Premier ministre surnommé « l’usurpateur. » De Gaulle soutient son Premier ministre et rappelle que le remplacement de Debré par Pompidou avait également suscité des critiques analogues parmi ses fidèles. Si Couve de Murville était soutenu par le Général, il ne réusira jamais à s’attirer les bonnes grâces des députés gaullistes. Il sera une Premier ministre quasi inexistant, il est sans espérance et sans joie. Il exerce ses fonctions de Premier ministre en diplomate, évitant les passions et les explications orageuses. Il laisse les choses et les hommes aller leur train. L’Hôtel Matignon n’est plus un poste de commandement. Le pouvoir est dilué. Un des plus anciens membres du gouvernement dira : » pendant tout cet hiver, je n’ai pas reçu une instruction de Couve. Alors que Pompidou et plus encore Debré ne laissaient à leurs ministres aucun répit. »

De Gaulle pourtant lui garde sa confiance; c’est lui qui l’a désigné. Il entend bien les critiques. Mais il s’obstine à répéter, comme pour se convaincre : « il se fera, Couve. Laissez-lui seulement dix huit mois. » Il ne les aura pas, de Gaulle va perdre le référendum et démissionner. Maurice Couve de Murville aura été Premier ministre moins d’un an. Difficile de juger sur une si courte période.

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31

Les relations Présidents / Premiers ministres

By Flamant Rose

Le 21 Janvier j’ai écrit un billet sur François Fillon intitulé « Fillon : la revanche. » Parmi les commentaires il y a eu celui de Vienne.  » Le livre de François Fillon « La France peut supporter la vérité » a été pour moi un facteur déterminant dans mon cheminement électoral de 2007. Oui, NS et FF sont complémentaires. Depuis très longtemps je n’ai pas vu une aussi bonne complémentarité entre un Premier ministre et un Président. FR, vous qui connaissez bien l’histoire de la droite, dites moi si j’ai raison de penser que nous n’avons pas connu une telle complémentarité depuis de Gaulle et Pompidou. »

J’ai répondu : » j’avoue ne jamais m’être penché sur la question. Cela mérite reflexion. Vous me donnez là, l’idée d’un futur billet« . C’est fait,  j’ai sorti ma documentation : articles de journeaux, livres… puis avec quelques connaissances personnelles j’ai essayé de répondre à cette demande. C’est donc un sujet en quatre volets sur les relations Présidents / Premiers ministres sous le général de Gaulle, Georges Pompidou, Valery Giscard d’Estaing et Jacques Chirac. Je les publierai dans cet ordre à partir du prochain billet.

Je vous  souhaite une bonne lecture.

jan

31

Régions : le grand gaspillage

By Flamant Rose

rkaqu9[1]« Valeurs Actuelles » consacre un dossier complet sur le gaspillage des régions. Ce dossier est tellement bien fait et argumenté qu’il est difficile d’en extraire une chose plutôt qu’une autre. J’ai tout de même voulu m’atteler à cet exercice.

Aprés le Sénat, qui vient de commencer son examen, puis l’Assemblée nationale qui prendra le relais en mars, le parlement devrait voter avant l’été la réforme de simplification de l’organisation territoriale proposée par le gouvernement.

Envol de la fiscalité et abus

Les chiffres sur cinq ans sont effarants: + 91% pour les taxes sur le foncier bâti en Languedoc-Rousillon; +71% en Auvergne; + 59% chez nous en PACA…même hausse spectaculaire pour le foncier non bâti : +71% en Auvergne; +60% pour PACA et Bourgogne…sans parler de la taxe professionnelle, bientôt abolie mais dont le produit a lui aussi explosé : +90% pour le Languedoc-Rousillon ; +86% pour l’Île-de- France; +69% pour Rhône-Alpes. Soit pour l’ensemble des régions et pour la dernière législature (2004-2010) une hausse moyenne des impôts de 36%. Quant à la folie dépensière qui s’est emparée des exécutifs régionaux, il suffit d’ouvrir l’essai magistral de Robert Colonna d’Istria et Yvan Stephanovitch publié aux éditions du Rocher pour se persuader que la hausse de la fiscalité n’est pas seulement due aux soi-disant « transferts de compétences » opérés par l’État à destination des collectivités locale. Bien réels , ceux ci sont en partie compensés pour l’essentiel par des dotations d’État équivalentes. Ce qui n’est pas le cas – et c’est heureux – d’autres dépenses non obligatoires et sur lesquelles porte tout le débat. Ici 200 millions (le coût de huit lycées) pour un nouvel hôtel de région, là 10 millions pour une campagne de publicité visant à promouvoir le changement de nom d’une collectivité; ailleurs 100.000 euros de billets d’avion pour permettre à un élu vert de faire connaître son action aux quatre coins du monde. Ou 21.000 euros de cigares pour un président de région qui trouve sans doute cette somme exorbitante…pour son propre porte-monnaie !

Ces abus amènent à reconsidérer l’histoire politico-administrative des trentes dernières années : « l’intérêt général est-il vraiment compatible avec la délégation aux collectivités locales de tant de responsabilités non asorties de sanctions ?«  Pour François Fillon qui, depuis 2007 a pris le temps d’examiner, voyant par voyant, les détails du tableau de bord national, la réponse est non. C’est ce qui explique sa décision non de recentraliser, mais au contraire de rationaliser la décentralisation, en affectant à chaque échelon une responsabilité, et en rendant au gouvernement issu du suffrage universel, donc garant de l’intérêt national, la « compétence générale » que se partageaient concurremment, avec lui depuis 1982, régions et départements (article 35 du projet de loi).

Inhérente à la décentralisation depuis 1982, c’est cette « clause de compétence générale  » qui permettait aux départements et aux régions d’intervenir conjointement, et le plus souvent sans concertation, parallèlement à l’État, dans une multitude de domaines identiques : du développement économique à la culture en passant par la « coopération internationale« . Celle là même qui pemet au Languedoc-Roussillon de disposer d’une véritable « ambassade » à New York , à deux pas de Central Park, sur la 53 éme rue…

Tout cela entraîne des problèmes insolubles de financements croisés et d’enchevêtrements de compétences qui, non seulement paralysent bien souvent l’action locale mais aussi comme le notait la Cour des comptes dans son dernier rapport sur le sujet vont de pair avec la création sans fin de nouvelles structures et donc avec le recrutement de nouveaux fonctionnaires. Si la réforme est menée à bien, les choses seront infiniment plus simples, régions et département exerçant, sauf exceptions, des compétences en propre.

Dérapages incontrôlés

Les présidents de régions ont tendance à se croire à la tête de mini-États et dépensent sans compter. Signe révélateur, les budgets de communication, qui ont littéralement explosé. Un an après leur arrivée aux commandes les présidents les ont augmentés de 176% en Bourgogne, de 126% en Auvergne, de 71% en Picardie, de 57% en Rhône-Alpes selon la commission d’enquête sur la fiscalité locale, désignée en 2005 par l’Assemblée nationale. Une note confidentielle du ministère de l’intérieur confirme la tendance : un budget en hausse de 157% en Pays de la Loire, de 70% en Lorraine, de 88% dans le Centre… En Île-de- France ces dépenses sont passées de 4,8 à 15 millions d’euros.  » Dans de nombreuses régions, on ne connaît pas la réalité des dépenses de communication, qui sont dispatchées dans différentes lignes budgétaires afin de ne pas apparaître clairement » confie Alain Marleix secrétaire d’Etat à l’intérieur et aux collectivités locales. Même les chambres régionales des comptes ont du mal à s’y retrouver.

Avec ces budgets les régions se sont dotées de moyens  dignes d’entreprises de presse. La Picardie dispose ainsi d’une très belle revue mensuele tirée à 810.000 exemplaires (plus que n’importe quel quotidien ou hebdomadaire national d’information), distribuée gratuitement. La fabrication « d’agir en Normandie » coûte plus de 1,2 millions d’euros chaque année. Et comme les élus ont considéré que leur revue ne suffisait pas à informer les Picards, ils ont carrément créé une chaîne de télévision locale qui coûte pour sa part 2 millions d’euros au contribuable !

L’Île-de-France n’est pas en reste : près de 4 millions d’euros sont dépensés chaque année dans la parution du bimestriel lancé par Jean Paul Huchon » Île de France« . Les auteurs de l’enquête estiment que ces journeaux gratuits pour la région parisienne, toutes collectivités confondues, représentent chaque année 85 millions d’exemplaires de périodiques institutionnels pour un coût total de 20 millions d’euros.

Il n’ ya pas que la communication. Nombre de régions pratiquent ce qu ‘lon appelle le « saupoudrage  » de crédits, petites sommes versées un peu à tout le monde et qui au bout du compte finissent par être conséquentes. Ainsi en Poitou- Charente, Ségolène Royale a créé un fond régional d’investissement chargé de financer des projets locaux. Un quart du montant alloué soit 2 millions sur 8 est destiné à son ancienne circonscription électorale qui pourtant ne totalise que 5% des habitants de la région. L’Île-de-france est la région reine du saupoudrage.

Les régions aiment encore prendre des initiatives qui n’ont plus rien à voir avec leurs domaines d’intervention classique, au nom de la compétence générale dont elles bénéficient. Ce qui leur permet de dépenser comme bon leur semble. Le pire est que les régions reconnaissent que 10 à15% de leurs budgets sont consacrés à des dépenses qui n’ont rien à voir avec leurs compétencesUn exemple parmi bien d’autres. La région Rhône-Alpes a également un vice- président (vert) chargé de la solidarité internationale qui dispose d’un budget de 120 millions d’euros, record des régions françaises. Dans les deux ans qui ont suivi son élection, il a visité 16 pays et dépensé 100.000 euros en billets d’avions, en plus un vert. On pourrait citer d’autres exemples tant c’est édifiant. Cela représente plusieurs centaines de milliers d’euros.

Indemnités : train de vie présidentiel

Il y a, s’il en était besoin, des détails qui noircissent un peu plus le tableau. Officiellement, les indemnités des conseillers régionaux s’échelonnent entre 1523 et 2647 euros, selon la taille des régions. Celles des présidents ne doit pas dépasser 5484 euros. Mais à quoi ça sert de limiter les indemnités alors que les élus ont toute liberté quant aux avantages en nature qu’ils s’octroient frais de représentation, de réception, voitures de fonction, restaurants… comme le 4×4 Touareg Volkswagen que s’est offert Georges Frèche, option scellerie en cuir, ronce de noyer, système multimédia pour une valeur de 53.000 euros, les 18.000 euros consacrés à la rénovation du bureau de Claude Gewerc président de la Picardie, ainsi qu’une citroën C6 à 50.000 euros; le même Gewerc qui fut épinglé par le magazine « Capital  » en 2008 qui a publié la somme dépensée par le Conseil régional pour sa consommation de cigares : 21.000 euros. S’ y ajoute la construction d’hötels de régions mégalomaniaques comme le projet du siége des élus de Rhône-Alpes, confié à l’illustre architecte Christain de Portzamparc. Chiffrage à l’origine en 2006 : 96 millions d’euros, le bâtiment aura finalement coûté prés de 200 millions d’euros. Alors que les anciens locaux reconnaît un conseiller régional permettaient de travailler dans des conditions parfaitement normales. L’Alsace, l’une des deux régions dirigées par la droite n’a pas fait mieux. Son hôtel de région dispose d’une salle où peuvent siéger 227 personnes…pour 47 élus et 78 membres du Conseil économique et social, alors que les premiers ne se réunissent quasiment jamais en même temps que les seconds.

Finalement que l’Etat veuille mettre bon ordre la dedans on le comprend. Que ceux qui dirigent les collectivités territoriales soient opposés à la réforme, on comprend aussi pourquoi.