By Flamant Rose
Olivier Wieviorka est un historien spécialiste de la résistance. Après « l’histoire du débarquement en Normadie » en 2006, il vient d’écrire « La mémoire désunie« .Ce livre fait suite à d’autres qui traitent du même sujet. La seconde guerre mondiale a été une période complexe, et certains auteurs n’hésitent pas à écrire que des résistants ont construit eux mêmes leur personnage. J’ai consacré un billet à cette thèse. Dans cet essai, l’auteur montre les difficultés de la France à bâtir une histoire, une mémoire officielle autour des années 39/45. l’auteur emploie la formule de « balkanisation de la mémoire« . Quel est ce concept pour Olivier Wieviorka ?
D’après O Wieviorka, ce que l’on peut dire c’est que après la première guerre mondiale, la figure du Poilu suffissait à résumer le conflit au contraire de la seconde guerre mondiale qui a été à la fois une défaite militaire, une occupation, une libération et l’imposition du régime de Vichy. Ces situations ont provoqué au fond des vécus très différents et ces vécus très différents ont engendré des mémoires très différentes. Ce que l’auteur veut dire c’est que la mémoire d’un prisonnier de guerre n’a rien à voir avec la mémoire d’un résistant. Il est donc très difficile d’être dans une grille de lecture manichéenne même si le pouvoir au lendemain de la guerre a essayé cette lecture manichéenne en essayant d’imposer l’idée que l’ensemble des Français avait résisté, que Vichy était au fond une réalité qui n’avait quasiment pas d’existence et donc d’essayer de dessiner une France en noir et blanc et c’est finalement ce mythe qu’ont appuyé les gaullistes d’une part et les communistes de l’autre qui se craquèle dans les années 70. Dans la vision très héroïque que les pouvoirs publics ont voulu présenter de la France pendant la seconde guerre mondiale la seule place qui vaille pour la déportation c’est celle du déporté résistant et donc le camp qui résume le mieux l’enfer concentrationnel c’est Bukenval, ce qui veut dire que la mémoire juive et la mémoire de la shoah n’ont au fond aucune place dans ce souvenir mémoriel jusque dans les années 70. Il y a également une place difficile pour les combattants de ce qu’on a appelé la drôle de guerre de 1940 et l’auteur dit qu’on ne sait pas très bien si on doit leur accorder des stèles ou des plaques commémoratives.
Mais heureusement tous les Français n’ont pas été déportés, mais même s’en l’avoir été, il y en a qui ont incontestablement souffert, qui ont souvent été envoyés Outre-Rhin dans des stalags. Que fait-on de gens vaincus ? Que fait-on de ces gens non seulement vaincus mais prisoniers de guerre ? C’est tout de même 1,5 millions de personnes et cela représente par conséquent un poids électoral énorme. Il faut donc à la fois leur accorder une place dans les mémoires nationales et puis dans le même temps il est difficile de les présenter comme des héros. il est également difficile de les présenter comme des victimes car ils ont beaucoup moins souffert que les déportés. C’est la place du héros qui est intéressante dans ce livre parce que on comprend très bien que la définition de l’héroïsme si elle est simple après la première guerre mondiale, elle est par contre bien plus compliquée après la seconde et surtout bien plus complexe. La définition de l’héroisme est bien plus compliquée et complexe car il y a des rivalités mémorielles entres les Français libres d’une part et les résistants d’autre part, mais il y a également un glissement tout à fait intéressant dans la société contemporaine, c’est que au fond, au lendemain de la seconde guerre mondiale celui qui compte c’est le héros alors que aujourd’hui et ce, à partir des années 70 celui qui compte c’est la victime. On est donc passé d’un mode mémoriel qui exalte le héro à un mode mémoriel qui exalte la victime et la victime juive notamment. Dans les années 50, il n’ y a pas de discours vérité sur Vichy , il y a ce silence géné sur la shoah. Et puis surviennent les années de Gaulle et l’auteur rappelle cette cette phrase « vers l’orient compliqué je partis avec des idées simples« . Il y a donc là, la tentation d’essayer de retrouver la facilité et le consensus de la libération mais, à force de chercher le consensus, n’aboutit-on finalement pas à une mémoire qui n’est pas satisfaisante ? Non, répond l’auteur tout simplement parce que nous avons un réveil mémoriel dans les années 70, les Français et les enfants des Français qui ont vécu la guerre n’acceptent plus la lecture simpliste, le pouvoir notamment à l’époque de Georges Pompidou essaie de se craponner à cette lecture manichéenne mais ce que l’on pourrait appeler rapidement la demande sociale rend l’imposition du mythe totalement impossible. Finalement pour Olivier Wieviorka il ya trois dates en ce qui concerne la pacification de la seconde guerre mondiale. On a une première pacification ou plutôt un premier essai de pacification à la libération, ensuite on a un second essai de pacification avec Georges Pompidou mais cela ne fonctionne pas. Pour l’auteur c’est le troisième essai qui sera le bon. En effet Olivier Wieviorka pense que la mémoire est relativement pacifiée à partir du moment ou Jacques Chirac, en 1995, prononce son célébre discours du vel d’hiv et où il reconnaît les responsabilités françaises et surtout reconnaît la responsabilité de Vichy.
La mémoire désunie
Olivier Wieviorka
Mon avis sur le livre
Je pense que Olivier Wieviorka a raison. Jusque dans les années 70 on a eu l’impression que Vichy n’avait jamais existé et que la France n’a par conséquent pas été pacifiée. Je suis également d’accord avec l’auteur lorsqu’il dit que c’est finalement le discours de Jacques Chirac du 16 jullet 1995 qui a pacifié la mémoire, mais il s’agit d’un constat et d’un résultat. On constate que ce discours a remis les choses en place. Mais sur le fond si Chirac a souhaité être l’auteur de cette pacification, ce n’est pas pour autant qu’il à eu raison dans son argumentation. Il a simplement obtenu par ce discours le résultat qu’il voulait: la pacification de la France.
Jacques Chirac a peu être eu raison de vouloir pacifier la mémoire mais pour ce faire il a pris des arguments qui ne reflètent pas forcément la réalité. Olivier Wieviorka dit que Chirac reconnaît les responsabilités françaises et surtout reconnaît la responsabilité de Vichy. Oui la responsabilité de Vichy est incontestable, mais est ce que Vichy c’était la France ? C’est toute la question. Je suis de ceux qui pense que Vichy n’était pas la France, je fais partie de ceux qui pensent que la France était à Londres et comme il ne suffit pas de le dire encore faut-il argumenter, cette argumentation sera l’objet de mon billet de demain.
By Flamant Rose
Au mois d’avril, les férias vont débuter et comme le veut la tradition c’est Arles qui va ouvrir les festivités lors du premier week-end d’avril les 2, 3 et 4. Le vendredi 2 avril à 17h30 va se produire celui qui à mes yeux est le meilleur toréro au monde Sébastien Castella..
J’ai été reçu par deux présidents de clubs taurins de Camargue. Ils voulaient organiser une corrida dont les bénéfices auraient été reversés à mon association. Face aux menaces de la SPA et des anti corridas ils ont dû renoncer à leur projet. La corrida aura bien lieu mais la billeterie se fera sous le contrôle des douanes et aucune somme ne pourra nous être versée. Le motif invoqué est que dans une corrida il y a la mise à mort du taureau et qu’à partir du moment où il y a mise à mort; il ne doit pas y avoir reversement d’argent au profit de qui ou de quoique ce soit. Bien sûr les anti-corridas ne s’appuient sur un aucun texte puisqu’il n’en existe pas, leur seul crédo est qu’il y a d’autres façon de trouver de l’argent. Mais les pressions sont très fortes et bien que trés peu nombreux (quasiment inexistants) ils ont avec eux l’oreille bienveillante de certains médias (pas tous heureusement) et de personnalités. Les taureaux seront donc quand même tués et transformés en viande de boucherie que peut être les membres de la SPA ou des anti-corridas achéteront;(Une entrecôte de taureau faite au barbecue c’est excellent). Voilà comment un lobby peut priver une association de ressources qui auraient été utilisées pour améliorer le bien être quotidien des personnes les plus fragiles parce que handicapées.Voilà comment des gens qui ne connaissent probablement rien à la culture camarguaise et appuyés par des médias complaisants qui n’y comprennent pas plus peuvent imposer leurs façon de voir les choses et mettre en cause une culture qui n’est pas la leur.
Les président des clubs taurins m’ont alors dit qu’ils allaient essayer de mettre sur pied une « emboulée » c’est à dire une course camarguaise. Il n’ y a pas de mise à mort du taureau. C’est un spectacle pour touriste du type de ceux que l’on voient dans les émissions de télévision avec les vachettes mais là ce sera des taureaux. Si cela peut se faire la recette sera intégralement reversée à l’association.
Dans le même temps une autre corrida ve se dérouler a proximité, à Nîmes le jeudi 13 mai soit six jours avant la pentecôte week-end traditionnel de féria à Nîmes. Il va y avoir mise à mort de 6 taureaux avec précisément Sébastien Castella en vedette et en solo, celui qui va toréer à Arles. Il va se produire gratuitement dans le cadre de la solidarité avec Haiti. L’alliance anti-corrida dénonce ce projet avec beaucoup de démagogie par une déclaration de Claire Starozinski fondatrice de cette alliance, mais là, on ne céde pas car on ne s’attaque pas à un tel monument de la tauromachie et peut être aussi à une telle cause.
Pour les haïtiens on peut tuer 6 taureaux, pour des personnes handicapées de Camargue il est interdit d’en tuer 4. Jusqu’à présent on a pas su m’expliquer pourquoi où alors si on l’a fait, c’est probablement que suis trop stupide pour comprendre. Puis, en réfléchissant un peu je crois comprendre quand même un peu. Il semblerait que défendre les victimes d’un tremblement de terre soit considéré comme une cause tellement noble qu’il est difficile de s’y attaquer surtout quand elle est mondialisée. Alors on ne recule pas, on va au bout, ce que je comprend et je suis d’accord. En revanche, qu’une association anonyme parmi les anonymes essayer d’apporter un peu de réconfort à 30 personnes handicapées n’est pas la même considération, alors là j’avoue que…
Est ce qu’une cause est noble à partir du moment où elle médiatisée et que la vedette qui vient la défendre est quelqu’un de mondialement connu dans le milieu dans lequel il évolue. Une cause défendue par des anonymes pour défendre le quotidien de personnes aussi anonyme que ses défenseurs ne serait-elle pas aussi noble ? Comme aurait dit quelqu’un de connu : vaste sujet.
PS : A noter qu’une corrida mise sur pied au bénéfice de l’association de Michel Fugain a du également être annulée sous la pression. L’émission 30 millions d’amis a fait circuler une pétition en ce sens.
By Flamant Rose
Une analyse à froid permet de se rendre bien compte qu’il y a des causes nationales à la forte abstention. Les électeurs, ceux qui ont voté l’ont fait, d’après les sondeurs, pour des raisons locales. Mais en ce qui concerne l’abstention et à cause de la crise il y a l’individualisme qui prend le pas sur le collectif et qui fait que les individus se renferment sur leur quotidien parfois difficile. Même si au décompte on s’aperçoit que tous les partis sont victimes de l’abstention puisque aucun d’eux y compris le PS ne retrouve ses scores de 2004, il y a trés certainement un abstentionnisme qui pénalise plus particulièrement la droite. On sait que généralement ce n’est pas une erreur qui crée un accident mais une succession d’erreurs qui même minimes une fois ajoutées les unes aux autres sont la cause de l’accident. Cette abstention est à mon sens du même type. C’est une succession d’erreurs qui est la cause d’une défaite annoncée. C’est ce que je vous propose d’analyser aujourd’hui.
Tout d’abord, La stratégie de l’UMP voulue et imposée par Nicolas Sarkozy n’était visiblement pas la bonne. Elle est nécessaire dans un scrutin type élections européennes , peut être même, je le pense, dans un scrutin municipal mais pas pour des élections régionales. Pour qu’une liste unique soit porteuse il faut qu’elle se situe dans une dynamique et les sondages d’opinion montraient bien que ce n’était pas le cas. Nicolas Sarkozy est clivant, on l’aime ou on ne l’aime pas. Par ailleurs il y a beaucoup semble t-il d’électeurs de droite qui n’ont pas voulu voter pour l’UMP parce qu’ils n’aiment pas Sarkozy, parce qu’ils sont déçus, notamment les agriculteurs, les retraités, les classes populaires et s’ils ne sont pas allés voter c’est parce qu’il n’y avait pas d’alternative à droite autre que la liste unique de l’UMP qui a ainsi montré ses limites. L’offre politique à droite était insuffisante. Il faut créer une offre politique au centre droit. Cette liste unique a empêché l’expression de toute une partie de l’électorat de droite qui est restée chez elle au premier tour et qui fera probablement pareil au deuxième. Cette abstention relève mathématiquement le pourcentage du PS qui fait mieux qu’en 2004 avec moins de voix.
Cette abstention est d’abord une abstention politique. Les Français ont un rapport très particulier avec la politique qui les amène à faire du yoyo permanent entre les différentes élections. Ils sont capables de changer leur fusil d’épaule du jour au lendemain. Si la politique était un objet de consommation, si c’était un produit je dirais que sur le plan électoral les Français aiment à changer de produit. Or depuis son élection en 2007 le seul produit c’est Nicolas Sarkozy. Quand un produit ne nous donne pas satisfaction on ne le consomme pas. C’est ce qu’ont fait les électeurs de droite. Ils ont considéré que le produit Sarkozy ne leur donnait pas satisfaction et donc ils sont restés chez eux. Ça ne signifie pas qu’ils ont basculé à gauche, mais hier ils ont clairement envoyé un message à Nicolas Sarkozy. Il est même probable que le président par ses changements de prises de positions a déboussolé un peu plus son électorat : je fais, puis je ne fais pas campagne, puis je refais et je ne refais pas ( 4 revirements) et il faut rappeler quand même qu’il entend être toujours au milieu de la vie politique. Je ne crois pas au désintérêt des français pour la politique, c’est un nouveau comportement et l’abstention est devenue un acte politique qui aujourd’hui sanctionne la droite.
53% d’abstention c’est énorme. Si l’on fait l’addition des 29% qui ont voté pour le PS et des 27% qui ont voté pour l’UMP on arrive à un total d’un peu plus de 26% des inscrits. Cela signifie que les deux plus grands partis de notre pays, ceux qui structurent notre pays depuis plusieurs décennies pésent à eux deux moins de 30% des électeurs inscrits. On peut donc affirmer que ces deux partis ont un sacré problème de représentativité qui n’est pas fait pour donner la stabiité dont a besoin le pays. Les socialistes le savent et c’est probablement une des raisons pour lesquelles ils n’ont pas fait de triomphalisme. En ce qui concerne l’abstention je ne crois pas qu’en une semaine ces données peuvent changer aussi il est très probable que dimanche prochain il y aura encore peu de votants. Peut être en Alsace parce que c’est la seule région où régne encore l’incertitude.
Donc pour l’UMP , erreur de stratégie. Ensuite erreur sur le type d’élections. On se souvient que lors des dernières élections européennes ce sont les socialistes et le Modem qui se sont trompés d’élection. Ils ont voulu transformer une élection qui avait pour objectif d’élire des députés européens en un référendum anti- sarkozy. Ils l’ont payé très cher. Europe Ecologie qui avait axé sa campagne sur l’Europe a fait un score magistral. Aujourd’hui, c’est Nicolas Sarkozy qui s’est trompé d’élections en voulant nationaliser des élections régionales. On a vu dans la dernière semaine que François Fillon et Xavier Bertrand ont cherché à recadrer mais c’était trop tard. D’une manière générale, les français eux ne se trompent pas d’élections et les formations politiques qui sont a côté du scrutin sont sanctionnées.
Ensuite, l’UMP a fait une mauvaise campagne car en plus de s’être trompé d’élection il y a eu des bisbilles ( Pécresse-Karoutchi), (MAM-Hortefeux), des campagnes de dénigrement (affaire Soumaré) et d’autres prises de bec.
Je crois que l’identité nationale n’est qu’une petite partie de l’échec. La raison première c’est quand même la crise sachant également que les élections intermédiaires sont toujours difficiles pour le pouvoir en place. C’est la raison pour laquelle je ne crois pas qu’il faille tirer trop de conclusions au niveau national. Nous vivons une élection particulière, dans un climat de crise particulier et avec un taux d’abstention supérieur aux autres élections et d’autant plus fort cette fois-ci c’est que c’est la première fois que l’on ne votait que pour les régionales, c’est à dire que ces régionales ne sont pas couplées à une autre élection.
Quelques jours avant l’élection le chef de l’État a mis en place un socialiste à la présidence de la cour des comptes, le plus fidèle d’entre les fidèles de Mitterrand au Conseil constitutionnel et on s’apprête à mettre à la tête de la halde encore un socialiste. J’ai voté sans état d’âme pour le candidat de mon camp, mais je comprends tout à fait que des électeurs en aient assez.
Mauvaise campagne, erreur de stratégie, erreur sur le type d’élections, élections intermédiaires, crise, trop plein d’ouverture, voilà tous les ingrédients d’une défaite annoncée.
Il y a encore des marges de manoeuvre pour s’en sortir. Il y en a une qui me vient à l’esprit, c’est la posssibilité pour le chef de l’Etat de faire enfin l’ouverture vers l’UMP et ses alliés. On nous dit qu’il n’y a aucune réserve, mais où sont les Juppé, Copé, Baroin, Arthuis qui pourraient rentrer au gouvernenent ce qui en changerait la configuration et pourrait permettre de retrouver un électorat UMP, parce que il y a eu dans ce gouvernement un sentiment de fermeture aux chiraquiens. Sentiment , d’après moi, justement ressenti. Nicolas Sarkozy a commis la même erreur que Jacques Chirac après sa victoire de 1995. Sa rancune l’a poussé à rejeter pratiquement tous les balladuriens. Je propose donc à Nicolas Sarkozy d’ouvrir les vannes en direction de son camp. Si on ajoute à cela une offre politique au centre droit, alors tout pourrait renter dans l’ordre.
Enfin une des conséquences de l’erreur de stratégie qui a montré les limites de la liste unique sera que d’ors et déjà on peut être certain que pour l’élection présidentielle de 2012 le nouveau centre aura son candidat, n’est ce pas Hervé Morin.
By Flamant Rose
Au moment où j’écris ces lignes les premiers résultats viennent juste de tomber. C’est donc une analyse à chaud et avec des chiffres approximatifs que je vous propose.
La stratégie de Nicolas Sarkozy était la liste unique. Il voulait ainsi marquer le premier tour et faire en sorte que la liste UMP et de ses alliés arrive très nettement en tête et en espérant dans le même temps que d’importantes divergences entre les socialistes et les écologistes entravent la fusion des listes et par là même, la dynamique qui pourrait en résulter pour le second tour. Si on ne regarde que les chiffres bruts et sans tenir compte de l’abstention, il est évident que la droite est historiquement basse. Nicolas Sarkozy a perdu son pari.
Avec plus de 52%, Les abstentionistes sont les incontestables vainqueurs de ce scrutin, mais en terme de suffrages exprimés c’est le parti socialiste qui sans la moindre ambiguïté sort vainqueur de ces élections. Néanmoins, et à y regarder de plus prés, je ne crois pas que ce soit une victoire de Martine Aubry. Mon interprétation est qu’il s’agit avant tout d’une victoire des présidents de régions en place et qui pour la plupart sont des barons en délicatesse avec la première secrétaire. D’ailleurs, un certain nombre d’entre eux ne sont pas sur la ligne de Solférino et ils ne s’en cachent pas tel Gérard Collomb à Lyon. Je considère également que plus qu’une victoire du PS, il s’agit avant tout d’une défaite de la droite et je vais même plus loin une défaite personnelle de Nicolas Sarkozy . Ce qui me pousse à faire une telle assertion c’est que l’abstention est dans l’ensemble due à des électeurs de droite c’est à dire des gens qui ne veulent pas voter pour la gauche mais qui se sont abstenus parce qu’ ils ont de nombreuses choses à reprocher au président de la République, des choses que j’ai souvent développées ici. (1)
L’UMP n’évite même pas l’humiliation suprême de se voir devancé par le PS. Qu’importe l’abstention, ce qui pouvait arriver de pire à l’UMP est arrivé. Les listes de la majorité présidentielle sont distancées par le PS d’au moins trois points. Quand on sait que ce système de listes uniques avait pour ambition d’être largement devant afin de créer une dynamique pour le second tour. On peut dire que c’est raté. L’UMP subit même la double peine puisque le front national n’a pu être contenu, il est aux alentours de 12%.
Ceci dit, il ne faut pas se voiler la face et se réfugier derrière l’abstention pour atténuer l’impact de la défaite. En effet, il semble qu’il y ait un déséquilibre important gauche/droite en faveur de la gauche. Si on prend comme référence les élections du même type c’est à dire les régionales de 2004, le premier tour donnait du 50/50 à chacun des deux blocs, aujourd’hui on est probablement pas loin de 55/45 en faveur de la gauche.
Il ne va pas y avoir pour autant de grands changements au niveau du gouvernement, simplement une adaptation. Le grand changement attendu arrivera à quelques mois des présidentielles. Sur ce point, Sarkozy a raison parce que s’il y a un grand chantier en cours c’est bien celui des retraites et c’est François Fillon qui a engagé cette réforme et qui par conséquent doit la poursuivre.
Que les socialistes pavanent c’est normal, mais il faut se souvenir qu’en 2004, ils ont très largement gagné les élections régionales. Trois ans après ils ont perdu les élections présidentieles. Pourquoi ? Parce que en 2004 non seulement ils ont gagné , mais de plus ils revenaient de très loin (il faut se souvenir de 2002). On a alors pensé au parti socialiste qu’en 2007 on avait toutes ses chances. Le seul problème, c’est que les socialistes se sont tellement reposés sur leurs lauriers qu’ils n’ont rien fait de leur victoire, absolument rien et maintenant qu’ils ont de nouveau gagné, ce qui va être interessant c’est d’observer ce qu’ils vont faire de cette victoire. Est ce qu’ils vont faire le choix de se réformer de l’intérieur ? Si oui, on imagine alors toute la difficulté qui vont être les leurs. Quand Martine Aubry pense et dit qu’il faudrait effectivement réformer les retraites cela dure 48 heures parce qu’elle est tout de suite prise en tenaille par les barons du PS. S’ils décident au contraire de ne pas se réformer alors…2012 sera plus que difficile. C’est ça qui va être interessant, voire passionnant, de voir maintenant ce que non pas le PS pour les raisons invoquées ci dessus mais la rue de Solférino va faire de sa victoire. De plus, non seulement en 2012 on sera dans un scrutin différent, mais également dans un mode de scrutin différent. Pour ces régionales, l’UMP a fait une stratégie de regroupement c’est à dire qu’elle a fait des listes très larges en jouant l’union et les faits viennent de démontrer que cette stratégie n’était pas la bonne du point de vue du parti politique. On peut gagner des régionales justement parce que on a un mode de scrutin particulier avec un éclatement des configurations politiques, alors qu’au moment des présidentielles, et c’est en l’état la situation actuelle du PS, il faut au contraire se regrouper. Ce qui sera donc déterminant au parti socialiste ce sont les primaires. Pourquoi ?
En effet, les socialistes on un triple problème qu’ils ne parviennent pas à régler et ce, depuis 2002. Problème de programme, problème de leader chip, problème d’alliances. Non seulement les élections régionales ne vont rien régler mais elles risquent même d’aggraver les choses du point de vue à la fois du leader chip et des alliances? Ségolène Royale très bien élue à la tête de sa région cela va la renforcer. Le problème du leader chip est très lié au programme et pour s’en convaincre on peut à travers sa personnalité prendre pour exemple François Mitterand. Aujourd’hui il n’y a plus de Mitterand au PS et c’est bien pourquoi le problème va rester entier ce qui va nous donner l’occasion de voir si Martine Aubry à la capacité précisément de régler cette question là. Je pense que la question du leader chip et du programme deviennent urgentes au lendemain de ces élections régionales.
Dans le Figaro magazine Nicolas Sarkozy dit qu’il y aura une pause à partir du deuxième semestre 2011. Où est le scoop ? A t-on déjà vu par le passé, et à 6 mois des élections présidentielles, un président sortant engager des réformes. On va voir au cours de cette période, donc entre juin et décembre 2011, que ce qui est présenté comme une pause par le président de la République n’aura rien d’une pause. Ce sera en réalité le moment de dresser le bilan et c’est à l’issu de ce bilan donc en fin d’année 2011 qu’il annoncera sa décision de se représenter ou pas. Pour ceux qui pensent qu’il va se représenter cette période dite de pause sera en réalité celle de la préparation à sa future candidature. En fait, mais on le savait déjà, il ne va plus y avoir de grandes réformes hormis celles des retraites en cours et de la dépendance (le cinquième risque) qui sont confirmées dans l’interview. Nicolas Sarkozy dit que l’on va « revoir » un certain nombre de réformes qui ont été lancées et il emploie l’expression « apaiser pour mieux réformer » ce qui, il faut en convenir, est nouveau dans son vocabulaire. En employant cette expression il fait allusion à l’ouverture et il faut traduire par « si j’invite des personalités de l’opposition à occuper des postes important ou à faire parti du gouvernement c’est parce que ce n’est que dans cet état d’esprit que l’on peut rassembler pour réformer. » sauf qu’il a largement pratiqué l’ouverture et que non seulement il n’a pas rassemblé mais que de plus une partie de ses électeurs de 2007 se réfugie dans l’abstention car elle ne comprend plus. Pour dénoncer ce trop plein d’ouverture même des hommes aguerris s’emmêlent les « pinceaux » (voir Gérard Longuet).
Dans un autre registre, Europe écologie bien qu’en légére baisse avec à peu prés 12,5% confirme sa position de troisième force politique. Cela va amener une transformation profonde de l’équilibre de notre vie politique à gauche, c’est à dire que le PS qui a été à gauche un parti hégémonique après avoir réussi à marginaliser le PC, soit depuis 25 ans, va se retrouver avec un nouveau partenaire et d’ailleurs c’est le mot qu’utilise désormais Daniel Cohn Bendit. C’est ce nouveau partenariat appelé à se définir entre socialistes et écologistes qui va être à l’origine de ce nouvel équilibre politique à gauche et qui est extrêmement intéressant. Le Modem est devenu quasi inexistant, il est même derrière le front de gauche. Jusqu’à présent le PS était partagé entre regarder sur sa droite côté Modem et regarder sur sa gauche. Désormais voilà un problème de résolur, le parti socialiste va à nouveau regarder sur sa gauche. C’est peut être là que se situe le très grand changement dans notre vie politique.
Je sais que mes positions ne sont pas toutes partagées et c’est tant mieux, cela permet le débat. Mais il faut reconnaître que j’ai souvent attiré l’attention sur ce qui vient de se produire. En ce qui me concerne je pense que si cette défaite pour ne pas dire plus pouvait amener la fin de l’ouverture, la fin des clins d’oeil de Nicolas Sarkozy vers Europe Ecologie, l’arrêt de la taxe carbone et quelques autres choses d’ordre comportemental, alors ce sera peut être une défaite salutaire et la droite parlementaire pourrait ainsi faire revenir ses électeurs aux urnes en 2012, ceux qui lui ont fait défaut aujourd’hui. C’est mon souhait.
(1) J’ai souvent écrit sur ce qui me paraisait comme étant des erreurs et je ne vais pas revenir dessus. Mais je crois que l’erreur majeure de Nicolas Sarkozy et que je considère personnellement comme une faute politique c’est d’avoir cru qu’il parviendrait à séduire les écologistes. Il ne pouvait pas y parvenir parce que avec la fin du communisme, les protestataires se sont engouffrés dans le vide idéologique ainsi créé et ils se sont reconvertis dans l’écologie. Sarkozy ne pouvait en aucun cas les séduire. Mais ce faisant et en essayant de mettre ce mouvement écologique en avant il a accentué la défaite de son camp et c’est la raison pour laquelle j’emploie l’expression de « faute politique« .
By Flamant Rose
J’aime beaucoup Henri Guaino la plume de Nicolas Sarkozy. C’est un Arlésien et un Camarguais pure souche. Il n’a jamais connu son père et sa mère faisait des ménages à Arles où elle habite toujours. Guaino est un de ces purs produits issus de la méritocratie. Rendez vous compte : lycée de Arles, La Sorbonne, Institut d’études politiques à Paris avec pour seul salaire celui de sa mère. Quel exemple ! Je l’ai écouté parler de la crise et de la façon dont il voyait l’avenir. Je l’écoute particulièrement parce que c’est un proche, très proche du regretté Philippe Seguin, il représente le gaullisme social. Voici son analyse que j’espère ne pas trahir.
Après l’échec du marché administré tel que le pratiquaient les pays communistes, nous venons de vivre l’échec de la théorie selon laquelle le marché à toujours raison. La crise que nous venons de vivre et que nous continuons à vivre n’est pas que économique. C’est une crise intellectuelle, morale, sociale. Ce qui vient de se passer c’est la mise en lumière du fait que le système que l’on avait créé et installé depuis 20 ou 30 ans était sans issu tel qu’il fonctionnait, puisque si les gouvernements n’étaient pas massivement intervenus en violant tous les principes de ce système tout ce serait éffondré.
La pire des erreurs serait de considérer que puisque on a échappé au pire on peut maintenant retourner à nos habitudes de pensée et de comportement. Ce serait une erreur tragique. Il nous faut changer, ce changement doit se faire tous ensemble politiques, financiers, industriels, opinions publics, partenaires sociaux, intellectuels. C’est quelque chose que personne ne peut prendre en charge seul, mais il faut une prise de conscience, une reflexion et une volonté commune . On ne réunit pas toujours ces conditions mais il faut y venir. Mais les choses changent beaucoup. Il y a quelques semaines on disait encore « mais regardez tout reprend comme avant« , pourtant on se rend bien compte que ce n’est pas le cas, on se doit de gérer tous les mécanismes de soutien à l’activité. Il faut gérer la dette publique, il faut gérer la manière dont les marchés réagissent, il faut traiter les problèmes du fonctionnement des marchés. Si demain sous la pression des agences de notations ou des marchés tout le monde se met à resserer les boulons de façon brutale,on va retomber dans le chaos. Cela nous oblige donc à coopérer, à négocier, à discuter et si chacun le fait dans son coin ça va trés mal se passer.
Ce qui s’est passé sur la finance est extrement intéressant. Beaucoup de financiers ont plutôt envie de recommencer comme avant , certains le font d’ailleurs mais les opinions publiques sont d’un avis très différent. Il s’est passé dans les mentalités, dans le monde entier quelque chose sur lequel on ne va pas revenir en arrrière tout de suite. Les opinions publiques ne supportent plus et ne supporteront plus certains comportements, certaines indécences. Aux Etats-Unis les bonus, les rémunérations ou autres profits de certaines banques sont devenus insupportables aux américains et aux européens et c’est la raison pour laquelle en Angleterre des mesures ont été prises sur la taxation des opérations financières sous la pression de monsieurr Brown Premier ministre du pays dont la place financière est la plus importante du système financier mondial. Le président Obama a pris des positions très fortes sur la réglementation des banques en faisant limiter les activités des banques, en leur interdisant les activités spéculatives, en leur interdisant de prendre des participations dans des fonds spéculatifs et s’il l’a fait, c’est parce que l’opinion américaine ne supporte plus un certain nombre de choses. Il s’est donc passé quelque chose de trés important dans les mentalités et dans la société mondiale et il se trouve que l’économie n’est pas en dehors de la société, l’économie n’est pas en dehors de la politique, l’économie n’est pas en dehors de la morale commune.
Cette idée sotte que l’économie est amorale, en dehors de tout jugement moral ne tient pas. Quand les valeurs de la société changent, les valeurs de l’économie changent aussi et c’est ce qui est en route et qu’il faut accompagner. Ou bien nous le ferons raisonablement en discutant, en négociant tous ensemble au G20 ou bien le changement nous sera imposé par des crises, d’autres crises financières et économiques ou sociales ou politiques. Ne refaisons pas les erreurs du passé. Rappelons nous comment la crise des années 30 a accouché d’un monde nouveau, il a fallu avant que ce soit un monde meilleur passer par beaucoup de catastrophes. Il est très important de s’en souvenir. Il vaut donc mieux discuter et négocier préalablement plutôt que d’attendre que les événements ou crises nous ratrappent. Il y a des allers-retours permanents en économie et ce qu’on réapprend de nouveau c’est que il ne peut pas y avoir de capitalisme efficace et durable, producteur de richesse et de prosperité sans que en son sein on trouve une articulation intelligente entre le collectif et l’individuel, entre le public et le privé. Ça c’est passé tout le temps de cette manière, chaque fois que la capitalisme a réussi depuis le 14 éme siècle. Si on fait le bilan de toutes les périodes où le capitalisme a réussi ce sont des périodes où l’on a trouvé en fonction de l’état des techniques et des mentalités la bonne articulation entre le privé et le public. L’erreur des 20 ou 30 dernières années c’est d’avoir cru qu’après avoir vaincu le collectivisme où le public avait tous les droits et les pouvoirs, on allait pouvoir créer un système dans lequel le collectif n’avait plus aucune part. Maintenant on sort de cette vision et on va chercher un équilibre que j’espère intelligent entre ces deux exigences, mais ce n’est pas certain. Le moteur de l’intérêt individuel est très puisant, on ne peut pas fonder une civilisation uniquement sur le moteur de l’intérêt individuel et à fortiori sur l’intérêt matériel.
L’Europe a un rôle capital à jouer, à elle de savoir si elle veut le jouer, si elle veut être l’Europe en affichant une vraie volonté politique et non pas simplement en subissant. Elle ne doit pas être une zone de concurrence et de libre échange. Il faut que ce soit une zone qui ait une volonté politique. Le débat, c’est est ce que oui ou non on remet de la politique ? Il faut que les chefs d’États et de gouvernements se mettent autour de la table et se disent : est ce que sur tel ou tel sujet on peut afficher une volonté politique ? C’est ce qu’on fait les dirigeants de l’eurogroupe pendant la crise et c’est ça qu’il faut retrouver.
By Flamant Rose
Le coup d’État au Niger, jeudi 18 février dernier, est le dernier d’une longue série en Afrique. En dix ans, une quinzaine de putschs ont secoué le continent. Ceux qui ne connaissent pas l’Afrique, peuvent se demander pourquoi ? Pourquoi là plus qu’ailleurs ? Pour les autres, ceux qui connaissent un peu, ont peur essayer d’avancer un début d’explication. Il y a très probablement plusieurs raisons qui peuvent apporter des éléments de réponse à cette recrudescence de coups d’État en Afrique noire .
La raison principale vient du goût du pouvoir. Les hommes arrivent au pouvoir par un coup d’Etat, se mettent en place puis expliquent à la population qu’ils veulent rétablir la démocratie et que pour cela ils vont procéder à des élections démocratiques. Le problème est qu’une fois au pouvoir et, sans doute tout le monde l’aura remarqué la première chose qu’il font c’est de mettre en place une nouvelle constitution qui va leur permettre de se maintenir au pouvoir autant qu’ils le voudront engendrant ainsi des frustations et d’autres coups d’État avec à l’origine des hommes qui diront et feront exactement la même chose. La deuxième raison vient de lutte d’influence au sein des armées régulières de ces pays.
C’est donc ce qui s’est passé il y a peu au Niger, comme ce fut le cas il y a deux ans en Mauritanie où le président de la République élu par les urnes ainsi que le Premier ministre ont été arrêtés à la suite d’un coup d’Etat militaire . L’histoire de l’Afrique noire est ainsi faite.
En Erythrée la constitution prévoit un parlement monocaméral de 150 membres, l’Assemblée nationale. Tous les sièges sont occupés par le principal parti politique. Depuis l’indépendance en 1993 les élections prévues ont été régulièrement annulées.
En Somalie le général Siad Barre prend le pouvoir en 1969 à la suite d’un coup d’État contre le gouvernement élu par les urnes. Il sera destitué en 1991 et en 2006 ce sont les islamistes qui prennent le pouvoir.
En Ethiopie, en 1974 l’empereur Hailé Sélassié qui était à la tête du pays depuis 1930 est destitué par un mouvement révolutionnaire. La junte militaire met en place un État socialiste soutenu par L’URSS et Cuba. Le pays finit par plonger dans la guerre civile et en 1991 le chef du pouvoir s’enfuit et quitte le pays. Les élections de 2005 sont considérées comme volées par l’opposition. S’en suivent des manifestations qui feront plusieurs dizaines de morts et des milliers d’arrestations dont des dirigeants de l’oposition.
Lors dela première guerre du Congo le président Mobutu est renversé par Laurent Désiré Kabila qui redonne au pays son nom de République démocratique du Congo.
Le Tchad est considéré comme une démocratie parlementaire et comme une République. En réalité il y régne un régime très autoritaire. Tous les observateurs internationaux envoyés sur place ont constaté des irrégularités dans chaque élection entre 1996 et 2001. En 2005, le 6 juin le pouvoir en place a organisé un référendum qui modifie la constitution datant de 1996. L’acte majeur est que le président en place Idriss Déby a la possibilité de se présenter indéfiniment aux élections présidentielles alors qu’auparavant la limite fixée était de deux mandats.
Le Soudan est au main d’Omar el Béchir au pouvoir depuis le coup d’État du 30 juin 1989. le pays qui était divisé en cinq régions avait déjà vu ses parlements régionaux supprimés par un précédent coup d’État militaire en 1985. Le pays est dirigé par le Front national islamique. A la suite d’ une décision de la cour pénale internationale (CPI), Omar El-Béchir est désormais sous le coup d’un mandat d’arrêt international.
Le Nigéria a connu 5 ou 6 coups d’Etat depuis son indépendance en 1960. il est devenu un pays fédéral constitué aujourd’hui de 36 états tous fondés sur la discrimination et dans lesquels pour des raisons purement économiques les musulmans et les chrétiens s’entretuent à coups de machettes. La particularité de ce pays c’est qu’il n’y a que des étrangers. En effet un nigérian qui appartient à un État n’est pas reconnu dans les 35 autres États et par conséquent n’y a pas les mêmes droits. C’est la raison pour laquelle le Nigéria est un pays fondé sur la discrimination. Les habitants d’un État ne peuvent pas venir travailler dans un autre État ce qui explique les massacres des nomades de ce pays.
On peut distinguer trois temps au cours de la vie politique de l’Afrique noire. En premier, le temps de la colonisation qui a mis en place des partis uniques. Pour ce qui est de l’Afrique francophone de nombreux pays ont fait le choix d’assurer leur défense par une armée assurée par la France plutôt que par une armée nationale.
Dans un second temps l’Afrique noire a connu la dictature avec le pouvoir personnel et sanglant d’un certain nombre de leaders africains. Mais les pays étaient pauvres et les différentes aides humaniatires ou au développement ont été conditionnées au départ de ces dictateurs et à l’établissement ou au rétablisssment de la démocratie et du multipartisme. Si les coups d’Etats sont moins nombreux, les élections sont, elles, toujours aussi contestées. Il existe malgré tout de vraies démocraties dont les plus connues sont l’Afrique du Sud, le Ghana ou le Botswana.
Enfin, Il existe encore de nombreux conflits armées, mais ils se sont déplacés. On les trouve aujourd’hui en Somalie, en Erythrée et en Ethiopie. Il y en a également en afrique centrale au congo, au Soudan et au Tchad.
Ainsi va l’Afrique depuis la décolonisation, mais chut, il ne faut pas en parler. La colonisation c’est politiquement incorrect et les africains vivent parait-il tellement mieux depuis que les démocraties se sont retirées…
By Flamant Rose
On parle beaucoup de l’absentéisme notamment dans le milieu de l’enseignement, mais aucune analyse n’est divulguée, on ne fait que donner des chiffres. En tant que président du conseil d’administration gestionnaire d’un établisement de 50 salariés, j’ai participé à différents colloques sur l’absentéisme dans l’entreprise. Je viens d’avoir connaisance des conclusions de l’étude qui a été faite sur ce sujet. Je ne vois pas pourquoi le résultat de ce travail n’est pas développé dans les médias. J’en fais donc mon sujet de ce jour.
On distingue trois grandes catégories d’absentéisme :
L’absentéisme structurel est directement lié à la démographie de l’entreprise. Celle-ci n’a pas de moyen d’agir sur lui, en tous cas rapidement. Cet absentéisme structurel est lié aux jours de congés pour convenances personnelles, déménagements, naissances, maladies des enfants ou simplement d’absences autorisées par la hiérarchie. Une part importante résulte des congés de maternité. C’est un absebtéisme incompressible, mais qui est relativement peu pénalisant pour l’entreprise car, dans de nombreux cas, l’absence est prévue et les solutions de remplacement peuvent être trouvées.
L’absentéisme conjoncturel est celui qui résulte de la maladie des salariés ou des suites des accidents qu’ils subissent au travail ou dans leur vie privée. L’entrerprise peut agir à ce niveau, notamment par les efforts en matière de prévention des accidents du travail. Elle peut aussi s’intéresser à la santé de ses salariés au sens large. Les institutions de prévoyance qui gèrent le régime d’assurance proposent à leurs assurés des campagnes d’information qui portent aussi bien sur le stress que sur les troubles ou le tabagisme. La forme varie, mais l’objectif est toujours d’améliorer la santé des salariés en favorisant la prévention.
L’absentéisme dysfonctionnel dépasse largement la notion d’abus. Certes ceux-ci peuvent exister, mais en pourcentage, ils ne représentent qu’une trés faible part du taux que l’on peut observer. Les entreprises spécialisées dans le contrôle médical constatent que le nombre des abus est extrêmement faible. L’absentéisme dysfonctionel dont on parle ici est celui qui résulte de la lassitude et de la démobilisation des salariés. C’est bien entendu sur cette forme d’absentéisme que l’on peut agir. Dans sa forme la plus grave, cet absentéisme dysfonctionnel est celui du salarié qui, après une longue absence pour maladie, retarde l’échéance que représente son retour au travail. C’est sur cet absentéisme dysfonctionnel, qui n’est pas forcément analysé comme tel par les salariés, que la direction des relations humaines et le CHSCT peuvent agir.
Les causes de l’absentéisme sont multiples. Il résulte, toujours, surtout quand il est important, de la conjonction de plusieurs facteurs qui influent à des degrés divers sur une entreprise.
L’organisation du travail
Une organisation de travail où le salarié accomplit de manière répétitive les mêmes tâches, où la polyvalence n’existe pas et où le salarié ne voit pas le résultat de ce qu’il fait, explique souvent un absentéisme élevé.
L’aménagement du temps de travail
l’aménagement et la nature du temps de travail peuvent influer sur l’absentéisme. Des études récentes, l’une menée à l’hopital de blois, l’autre dans un centre de gériartrie ont mis en évidence l’incidence des horaires sur l’abstéisme. Les amplitudes de journées très grandes assorties de coupures, pendant lesquelles le salarié peut rentrer chez lui, donnent à celui-ci le sentiment de ne jamais s’arrêter. Ces études montrent que, dans les services où les horaires ont été aménagés , afin de réduire l’amplitude et diminuer les coupures, l’absentéisme a sensiblement diminué.
Les conditions de travail
Dans l’univers du social et du médico-social dans lequel j’évolue, quand on évoque le thèmes des conditions de travail, on pense immédiatement aux troubles qui aménent à manipuler les usagers. Cette pénibilité physique est très variable selon les populations accueillies et aussi selon les moyens investis dans les équipements modernes qui allègent, au sens propre comme au sens figuré, ces tâches de manipulation. Dans ce milieu que je connais bien, il existe pour les salariés un facteur d’usure propre au secteur. Il résulte notamment de l’évolution des publics accompagnés qui peut influencer les conditions de travail et n’est pas sans conséquences sur les risques psychosociaux encourus par les professionnels.
Les facteurs démographiques
La structure de la population d’une entreprise est évidemment un facteur déterminant de l’absentéisme. Si le constat est facile à faire, il n’est malheureusement pas possible d’agir , en tous cas à court terme, sur ces facteurs démographiques. On sait que les salariés âgés sont plus absents que les salariés jeunes et que les femmes sont plus souvent absentes que les hommes. Si l’influence du sexe est effectivement déterminante, dans la mesure où les femmes sont seules à assumer la maternité et, dans la majorité des cas, la garde des enfants, celle de l’âge est plus ambiguë. Il est vrai que les salariés s’arrêtent plus souvent, soit pour des raisons physiques, soit sous l’influence du burn out (1) , mais on observe souvent de forts taux d’abstentéisme chez les nouveaux embauchés.
(1) situation d’épuisement et d’impuissance extrêmes rendant inconcevables tout retour à lemploi.
Les facteurs liés au management
Le rôle de l’encadrement, et notamment du premier niveau hiérarchique est essentiel sur l’ambiance et la qualité de vie au travail, et donc sur l’absentéisme. Le fait que l’activité touche à l’humain et un humain avec lequel par hypothèse le dialogue est difficile, rend d’autant plus nécessaire les échanges avec la hiérarchie. La formation du personnel, la dimension psychologique de la fonction impliquent de donner une grande place à la parole, et c’est bien entendu là que la responsabilité de l’encadrement est essentielle.
Les facteurs liés aux relations sociales
Le climat social au sein d’une entreprise peut être perturbé pour des motifs différents : un conflit entre les organisations syndicales de salariés et l’employeur. Ces tensins sociales lorsqu’elles ne sont pas prises en compte, sont souvent facteur de démotivation et entraînent à terme de l’absentéisme.
Les facteurs liés aux différences de générations
Au sein d’une même entreprise, l’existence de génération différentes ayant une approche du métier qui n’est pas toujours partagée peut entraîner certaines incompréhensions qui ne sont pas toujours exprimées. L’absence médicale est alors envisagée come une issue pour éviter ces tensions.
Ces facteurs explicatifs sont connus. Jusqu’à présent les directions comme les instances représentatives du personnel sont intervenues dans les domaines où la santé physique des collaborateurs pouvait être menacée. Aujourd’hui l’employeur a vu sa responsabilité élargie à la santé mentale de ses salariés. A ce titre il partage avec le CHSCT et les délégués du personnel une responsabilité et la prévention de ces risques. C’est dans cette logique que s’inscrit l’action de la Commission Paritaire qui met à la disposition des relations humaines et des membres du CHSCT des actions et des fiches pratiques. Qui permettent d’établir des tableaux de bord mensuel de l’absentéisme et les moyens de les analyser
Finalement , l’absentéisme est un phénomène normal. Il est inévitable que certains salariés soient absents à un instant donné. C’est ce que l’on appelle l’absentéisme structurel. Il représente 4% de la population employée et il est considéré comme incompressible.
By Flamant Rose
J’ai trouvé Pierre Moscovici bien hypocrite hier soir sur France 2. On peut penser ce que l’on veut de lui, mais seul Max Gallo a reconnu cette hypocrisie socialiste. Quand Moscovici nous dit qu’il ne savait rien sur le passé de François Mitterand avant la parution du livre de Pierre Péan en 1994, je ne le crois pas un seul instant. Seuls ceux qui ne voulaient pas savoir ne savaient pas. Depuis 1948 avec « l’Humanité Dimanche » de nombreux journeaux ont parlé du passé de Mitterrand, des livres ont été interdits, cela se sait et on sait lesquels, on a parlé de ce passé à l’Assemblée nationale le 3 décembre 1954. En 1972 des députés UDR ont relancé l’affaire. Il n’y a eu rien à faire. En 1977 le journal « le Crapouillot » a réalisé tout un dossier sur le passé de Mitterand, mais comme c’était un journal d’extrême droite ce dossier n’avait aucune valeur. En 1984 Catherine Nay publie le « noir et le rouge » un best seller dans lequel elle dévoile ce passé et les amitiés douteuses du Président. Elle cite des noms, des dates… Alors entendre Pierre Moscovici nous dire qu’il n’a appris le passé vichyste de Mitterand que en 1994, faut arrêter. D’autant que ces amitiés duraient. René Bousquet ancien patron de la police à l’époque vichyste était l’un des rares a être reçu à Latché, même les ministres ne l’étaient pas
Max Gallo l’a reconnu avec beaucoup d’honnêteté dans une déclaration faite à « Libération » du 9 mai 1988 il a dit je cite » Cela se savait. On ne voulait pas, l’entendre« . C’est le moins que l’on puisse dire. Que Moscovici ne vienne pas nous raconter des sornettes.
By Flamant Rose
Encore un billet sur l’histoire de la seconde guerre mondiale. En effet, un nouveau livre vient de sortir ecrit par Olivier Wieviorka et il s’intitule « La mémoire désunie« . j’en ferai la synthèse.
Ce livre fait suite a d’autres comme celui de Laurent Douzou qui a écrit sur Lucie Aubrac. L’éditeur écrit « Il a pu aussi explorer les archives du Parti communiste français et un certain nombre d’autres fonds. En ressort un personnage beaucoup plus paradoxal, inattendu et attachant que celui de la légende ou des hagiographies d’après-guerre. Lucie Aubrac a été une héroïne, une star, un sujet de controverse et, d’abord, une combattante. C’est le mérite de Laurent Douzou que d’éclairer avec précision ses multiples facettes.
Laurent Douzou a déjà écrit en 2005 « La résistance française une histoire périlleuse » dans lequel il décrit la difficulté qu’il y a de définir ce qui a été la résistance et comment l’histoire allait retenir et transmettre les faits et gestes à la récente période de remise en cause de l’historiographie « héroïque » de la Résistance.
L’historienne Emeline Vanthuyne donne son avis sur le livre et écrit pour conclure « A la lecture de cet ouvrage, on constate donc que Lucie Aubrac, tout comme d’autres acteurs illustres de la Résistance et de la France Libre (on songe ici à de Gaulle lui-même, à Passy ou au colonel Rémy), a participé à la construction de son « personnage « . Faut-il être choqué par de tels propos ? Des acteurs de la Résistance ont-ils construit leur personnage ? Je pense surtout qu’il faut être prudent. Le travail de l’historien est très difficile face aux acteurs d’une période aussi complexe et dont le témoignage est aussi précieux que partiel même si dans certains cas, il n’est pas corroboré par d’autres pour la bonne et simple raison qu’il n’y avait pas de témoin. C’est ainsi que Lucie Aubrac était seule lors de sa rencontre avec Klauss Barbie.
Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faille, ne serait ce qu’un instant, remettre en cause les actes de résistances de ces français héroiques, ils n’ont pas chercher à se construire une posture. Certaines polémiques viennent du fait même que les résistants travaillaient dans la clandestinité et le secret ce qui par nature permet toutes les polémiques. C’est le cas pour le plus célébre d’entre eux Jean Moulin.
Jean Moulin est en fonction à Chartres lors de l’armistice de juin 1940. Il est, dans cette ville le seul représentant officiel de l’Etat face à l’occupant. Arrêté, il a peur de flancher et décide de se suicider. Il en réchappe. Il s’interroge sur le meilleur moyen de résister et rencontre François de Menthon du Mouvement des libertés et Henry Frenay un militaire d’obédience catholique, fondateur dés 1941 du mouvement Combat.
Révoqué par Vichy, il gagne la zone libre. En octobre 1941, il est à Londres pour demander l’octroi d’armes. De Gaulle lui confie alors la misssion d’unifier les mouvements de résistance du Midi. Il est parachuté le 2 janvier 1942 en France, doté des pleins pouvoirs pour une mission d’unification. Il s’installe au sud d’Avignon où il explique que préfet sans fonction, il souhaite avoir une activité de propriétaire terrien. Il n’est alors pas inquiété. Il évite toute relation avec des personnalités qu’il a connues. En réalité, délégué personnel du général de Gaulle, auprés de la Résistance intérieure, il travaille avec une équipe restreinte et cloisonnée. Il remplit sa mission d’unification avec succés : création de l’armée secréte et des MUR (mouvements unis de résistance) rassemblant Combat, Libération et les Franc-tireurs. Le 27 ami 1943, il constitue le CNR (Conseil National de la Résistance), qui, s’appuyant sur les mouvements de résistance et les anciens partis politiques de la III éme République, soutient de Gaulle en tant que chef du gouvernement provisoire.
Entre les deux hommes forts de la résistance, Moulin et Frenay, la mésentente s’installe. Elle sera définitive en 1943, lorsque Frenay tentera d’obtenir des moyens et de l’argent des États-Unis. Moulin l’accusera de donner « un coup de poignard dans le dos du Général ». A cela s’ajoutera la création du Conseil national de la résistance qui intégrera tous les mouvements résistants et les partis opposés à Vichy. Frenay ne participe pas à cette conception, même s’il s’y plie.
Le 21 juin 1943, Moulin est arrêté à Caluire, dans la villa du docteur Dugoujon où doivent se rencontrer 7 représentants des mouvements de résistance (dont Raymond Aubrac) pour désigner un successeur au général Delestraint, chef de l’armée secrète, arrêté le 9 juin 1943 à Paris. A cette réunion, le mouvement Combat désigne René Hardy comme représentant. Or, celui-ci est arrêté dans le train Lyon-Paris. Il est interrogé par le chef de la Gestapo Klauss Barbie, puis relaché. En désignant Hardy comme représentant de Combat le général Bénouville est-il informé de l’interpellation de ce dernier et du risque pour les participants à cette réunion ? Pierre Guillain de Bénouville expliquera n’avoir jamais eu aucun doute sur l’innocence de René Hardy et il le répétera jusqu’au bout: « je mourrai tout à fait convaincu que j’ai raison pour Hardy. Il n’a pas trahi. » Jean Moulin est mis en prison et torturé. Klauss Barbie découvrira l’identité de Max. il est transféré à Paris et mourra le 8 juillet lors de son transfert à Berlin. René Hardy réussira à s’échapper. Il est aussitôt jeté à la vindicte d’une grande partie de la Résistance. Aprés la libération, il a été jugé et acquitté à deux reprises (1947 et 1950).
Qui a dénoncé Moulin ? Comment Barbie fut-il informé de la réunion de Caluire ? Qui était Jean Moulin ? « un agent soviétique » ( H Frenay dans l’énigme Moulin 1977) ? Un agent du KGB (Th; Wolton, le grand recrutement 1993) ? Un gaulliste acharné, ennemi de la droite nationaliste résistante ? Un agent américain, diront même certains. Pour Marc Ferro , c’est « un haut fonctionnaire qui s’est mis au service de la Résistance et qui était le représentant de de Gaulle en France« . En 1964, André Malraux fait transférer ses cendres au Panthéon. Son cri résonne encore dans la mémoire de la nation « Entre ici Jean Moulin avec ton terrible cortége […] Entre avec le peuple né de l’ombre et disparu avec elle ! » La figure du héros, marthyr de la liberté et de l’unité nationale s’est imposée. Aujourd’hui encore, Jean Moulin est l’incarnation et l’archétype même de la Résistance français et des tiraillements entre la Résistance intérieure qui agit dans la France occupée, et la Résistance extérieure, celle de l’ombre, celle du général de Gaulle. Le mystère de l’arrestation de Jean Moulin demeure et il y a fort à parier qu’il fera couler encore beaucoup d’encre, tant l’homme en imposait, tant les débats étaient d’importance pour l’avenir de la France, tant les hommes mêlés à ce drame ont chacun voulu apporter leur part de vérité. La somme de ces parts ne fait pas encore une vérité.
En 1943, Raymond Aubrac est fait prisonnier par la Gestapo. Sa femme Lucie intervient auprès de Klaus Barbie et réussit à le faire évader ainsi que d’autres résistants, lors d’un transfert. On ne saura probablement jamais ce qui s’est dit lors de la rencontre entre Lucie Aubrac et Klausss Barbie. Et c’est bien parce qu’il y a des choses que l’on ne saura jamais que la somme de ces parts ne fait pas encore une vérité et que le travail des historiens est particulièrement délicat. Il ne fait pour moi aucun doute que Lucie Aubrac et Jean Moulin font partie des héros de la Résistance, il ne fait aucun doute que le monde libre leur doit beaucoup. Des héros de la Résistance, il y en a même dont on ne connaîtra jamais les noms. Mais dire que certains ont construit leur personnage ou tout au moins poser la question ce n’est pas un crime. Alors, des acteurs de la Résistance ont-ils construit leur personnage ? Chacun aura sa propre réponse.
Les résistants en chiffres
Le nombre de résistants est difficile à déterminer. Au début de l’occupation, les effectifs sont faibles. Avec le durcissement du régime de Vichy, les rangs de la Résistance se gonflent. Ainsi, le STO constitue une véritable aubaine car plusieurs milliers de jeunes hommes préfèrent le combat au travail forcé en Allemagne. À la Libération, 220 000 personnes recevront leur carte de résistant.
Mais ce chiffre ne comptabilise pas tous les hommes et les femmes ayant pu prêter main-forte occasionnellement à la Résistance. Des actes parfois anodins, mais risqués, ont leur importance : un V de la victoire tracé sur un mur, un résistant ou un Juif hébergé et protégé, une information transmise, un tract distribué…
By Flamant Rose
En commentaire de mon billet sur la rafle un lecteur écrit je cite » Le film ne sort que demain, mais il traite surtout de l’arrestation de juifs français par la police française. Bien entendu ils étaient envoyés dans des camps pour la solution finale. » Je choisis de répondre par un petit billet afin de bien expliciter ma réponse.
Ce soir sur France 2 je regarderais avec la plus grand attention l’émission sur ces évenements et J’écouterais très attentivement Max Gallo même si ma religion est faite sur ces tragiques événements.
De Gaulle n’a jamais reconnu le régime de Vichy et on se doit de savoir que l’Assemblée nationale n’a pas donné les pleins pouvoirs à Pétain en respectant la constitution. En effet à l’époque une loi de révision constitutionnelle ne pouvait être votée qu’à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale. Or cette majorité a été calculée sur les suffrages exprimés et ce, sous la pression de Pierre Laval.
La politique antisémite de Vichy a été systématique. Dés 1942 le port de l’étoile jaune est obligatoire, le Commissariat aux questions juives de Darquier de Pellepoix diffuse une violente propagande antisémite et surtout dès le printemps 1942 la police et la gendarmerie françaises participent aux rafles, notamment celle du Vel. d’Hiv’ du 16 juillet 1942, ainsi jusqu’en 1944.
S’il est incontestable que ce sont des Français qui ont livré d’autres Français aux nazis , représentaient-ils la France ? La question elle est là. Je réponds que non, puisque le gouvernement et Pétain étaient dans l’illégalité.
Le 16 juillet 1995, quelques semaines après sa première élection à l’Elysée, Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de la France dans la collaboration, rompant ainsi avec la position de ses prédécesseurs, du général de Gaulle à François Mitterrand.
A ce moment j’ai été déchiré parce que je me revendique comme Gaulliste et Chiraquien. Pourtant je vous avoue que à la suite de cette reconnaissance de responsabilité de la France, je me suis interrogé sur la légitimité de Jacques Chirac à se réclamer du gaullisme. Pourquoi ? Parce que en reconnaissant publiquement la responsabilité de l’État français dans la déportation de juifs rassemblés au Vel’ d’Hiv’, Jacques Chirac a de fait reconnu l’État Français comme étant un État de droit ce qui est contestable pour les raisons évoquées. Ce faisant Chirac rejette également de Gaulle dans le camp de la rébellion. Or il se trouve que toute notre légitimité à nous gaullistes tient précisément à la continuité des institutions dans la clandestinité et dans l’exil et non pas dans un pouvoir issu de l’illégalité. Quelqu’un qui s’écarte de cette philosophie en a bien évidemment le droit, mais la question qui se pose alors est : peut-il encore se réclamer du gaullisme et du Général ? Je reconnais mon trouble en ce 16 juillet 1995.